Nombreux sont les ménages en Côte d’Ivoire qui utilisent le charbon de bois relativement au gaz butane. Ce, pour plusieurs raisons dont la principale est le coût qui est bas.
« C’est vraiment moins cher », soutient Marguérite, une tenancière de maquis à Yopougon (au nord d’Abidjan).
Ceci étant, nous nous sommes intéressés à un autre aspect de ce produit ; sa production. Car si nombres de personnes en font usage, une grande partie ignore totalement comment on obtient le charbon. Nous avons eu le privilège de ‘’surprendre’’ M. BAMBA en plein boulot, sur un four à charbon lors de nos nombreuses visites quelque part dans un village de Gagnoa.
C’est une ‘’montagne’’ de terre d’environ 2,5 mètres de haut qui couvre tout le bois découpé en morceaux d’une longueur de 1 mètre. M. BAMBA était monté d’un cran sur le côté entrain d’y mettre le feu lorsque nous l’avons découvert.
Comment es-tu arrivé à obtenir ce gros four ? L’avons-nous demandé, après les civilités.
« Le travail se fait en plusieurs étapes. D’abord le scieur abat les arbres et découpe le bois en de petits morceaux. Ensuite celui qui doit faire le charbon vient rassembler tout le bois et le recouvre de terre. Enfin il y met le feu comme vous le voyez », répond notre ouvrier du jour.
Mais ce n’est pas tout !
« Après avoir fait le feu, il faut surveiller le four en y passant une fois par jour pour contrôler l’intensité de ce feu sinon tout le bois consumera jusqu’à se transformer en cendres », ajoute t-il.
Ce qui signifie qu’il faut toujours une réserve d’eau à portée de main pour éteindre d’éventuelles flammes. Quant à la durée du four, elle est d’environ 10 jours selon sa grosseur.
« Oui c’est 10 jours de surveillance, 10 jours de prudence et de patience pour espérer obtenir du charbon solide », ajoute –t-il, avec un petit sourire au coin.
Mais avec tous ces risques, quel bénéfice en tire t-il ?
« Si le four m’appartient, je peux m’en sortir, ce ne sera pas le cas pour quelqu’un qui aura de la main d’œuvre à payer. Pour qu’il gagne un peu, il lui faudra beaucoup de fours ».
Conséquences sur la nature
Si le charbon de bois est profitable aux ménages, force est de constater que sa production influe considérablement sur la nature. A savoir disparition de certaines essences d’une part et d’autre part appauvrissement du sol. Car l’endroit où est posé le four subit en profondeur les effets du feu. Tout consume en cet endroit et la terre change de couleur.
Mais quant à notre ami BAMBA cette question est secondaire face à celle de la survie. Il est clair :
« C’est avec ça qu’on se débrouille pour gagner un peu d’argent et nourrir nos familles ».









