A la découverte des mendiants de mariage

Mairie de Cocody. Samedi 20 février 2010. Bientôt 11 heures, l’heure du prochain mariage.

Les invités présents, depuis déjà plusieurs minutes, attendent patiemment la fin de la célébration en cours. Rassemblés de façon éparse sur l’esplanade de l’Hôtel de ville, ils parlent, échangent, discutent. C’est aussi le moment de retrouvailles pour quelques-uns. Accolades, embrassades ne manquent pas.

L’atmosphère est belle, joyeuse… presque parfaite ! A côté des invités, il y a des  « autos-invités » d’un autre genre qui font leur apparition. Ce sont des mendiants. D’un style tout autre que celui qu’on a l’habitude de voir aux différents carrefours de la ville.

Leurs spécialités, les « atalakus » (concept musical ivoirien « piqué » aux Congolais dont le but est de faire des éloges et des louanges à quelqu’un dans le but de lui soutirer quelques billets ou pièces). Discrètement, ces mendiants infiltrent les groupes. Après avoir repéré des cibles et contre toute attente ces quidams se mettent à « chanter » !

« Joli garçon… regarde comment tu es beau… comment tu es sapé… pardon faut pas m’oublier… ton cœur est blanc… maman jolie…vraiment ton mariage a réussi ». Ce sont là quelques paroles dites le plus souvent en Dioula (langue locale) en réclamant un billet. Le comble , c’est leur insistance car ils vont parfois jusqu’à se plaindre ou exiger un billet précis !

Mendicité ? Certains parlent d’une forme de griot. Ceux qui leur donne des pièces « c’est mieux que voler ».  » Elles au moins utilisent leurs voix pour…mendier », disent-ils. Pourtant, d’autres trouvent qu’elles devraient chercher un autre emploi et cesser d’enquiquiner les invités de mariage. En les regardant chanter on pourrait dire que chacun fait son (petit) métier.

Donatien Kangah

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