24/04/2011 / La Redaction

volaille

“Y’ a œuf hein ! 50 f (CFA), trois à 100 f (CFA) “.

Avant la crise, il était impossible d’acheter l’œuf à ce prix. L’œuf se vendait à 100 f cfa l’unité et la plaquette à 2000 f cfa, voire plus. La crise a fait chuter le prix du poulet et de l’œuf dans les régions Nord, Est et Centre.

A Abengourou, cette situation fait le bonheur de nombreux ménages qui ont dû se tourner vers la volaille plutôt que la viande de bœuf et le poisson qui sont hors de prix ou simplement introuvables sur le marché.

Les fermiers, eux, s’en mordent les doigts. Plutôt brader la production de volaille que d’essuyer des pertes financières importantes. Toute la production de Ali Ouattara, un grand fermier industriel basé à Agnibilékrou, est désormais destinée au marché local en raison de la crise qui rend impossible l’écoulement de la production sur la capitale économique.

Contrairement à Abidjan et à l’Ouest du pays, on peut dire que la crise est difficilement moins ressentie dans le reste du pays. C’est ce que pense beaucoup d’habitants d’Abengourou. Amian Charles qui a fui Abidjan pour se réfugier à Abengourou est triste.

“Je mange à ma faim. Mais il est triste de constater que de nombreuses personnes meurent de faim à Abidjan et d’autres villes du pays sans qu’on puisse partager le repas avec elles “, se soucie-t-il.

Certes, les prix de la volaille ont baissé, mais encore faut-il avoir la liquidité pour acheter.

“Sans banques, donc sans argent, il est impossible d’acheter quoique ce soit. On mange à crédit quelques fois, lorsque la honte de toujours demander prend le dessus”, avoue Kouamé, employé d’une PME qui n’existe plus que de nom.

En attendant la reprise de l’activité économique, donc le retour, certainement, aux anciens prix, chacun fait le plein. On le sait, les prix des denrées alimentaires augmentent à la moindre secousse et se stabilisent ensuite, mais rarement, l’inverse.

Joseph Yégobini OUATTARA