Abidjan : Les brouteurs victimes aussi de la fermeture des banques

Un brouteur montrant fièrement son butin

Ce n’est un secret pour personne. La Côte d’Ivoire est l’une, sinon la plus grande plaque tournante de  la cybercriminalité en Afrique subsaharienne. L’arnaque connue sous l’appellation de broutage est la forme la plus répandue.

Mais depuis la fermeture des banques le 14 février 2011, et avec elles, les agences de transfert d’argent, les arnaqueurs du net, pardon les brouteurs, ont du mal à rentrer en possession des sommes frauduleusement soutirées aux internautes et convoyées par lesdites agences. En effet, ces escrocs des temps modernes usent de subterfuges et autres artifices pour gruger des utilisateurs de la toile mondiale.

Du statut de riche orphelin à la tête d’une fortune colossale, dont il est l’héritier légal et légitime, en quête d’une âme généreuse pour l’aider à rentrer en possession de son héritage, avec pour promesse une part importante de cette somme à l’éventuel bienfaiteur. Celui-ci  devra mettre à sa disposition les numéros de ses comptes bancaires pour l’opération… Bref ! Toute une panoplie d’astuces et une ingéniosité sont déployées par ces bandits pour avoir de l’argent sans grand mal. Rien n’est absolument négligé pour appâter les victimes, celles-ci faisant souvent preuve d’une naïveté déconcertante.

Ainsi de nombreuses personnes ont-elles été délaissées d’importantes sommes d’argent. Sommes qui transitaient jusqu’à un passé récent par les agences de transfert d’argent, avec notamment la complicité des  agents véreux de ces maisons. Mais avec la fermeture des banques dont les effets collatéraux ont emporté les maisons de transfert d’argent, le système s’est écroulé comme un château de cartes.

C’est le désarroi total chez ces partisans du moindre effort. Ils ne sont plus en mesure d’effectuer une opération bancaire sur leur butin de guerre, pardon de vol.

Un brouteur dans un cyber-café lieu de prédilection de ces escrocs

Le grand manitou. C’est le pseudonyme que s’est donné Lamine Kouyaté. Grand brouteur devant l’Eternel. Il s’insurge contre cet état de fait en rapport avec les difficultés qu’ils éprouvent lui et ses acolytes à retirer ce qu’ils appellent « leur argent ».

« Depuis que les banques ont fermé, nous n’arrivons plus à retirer les sommes que nous envoie les gens que nous rencontrons sur le net. D’ailleurs plusieurs parmi nous ont des envois qui n’ont pas pu être retirés à cause de cette situation. Mais nous avons trouvé une autre astuce qui consiste à donner le nom d’un parent proche vivant dans un pays limitrophe, qui à son tour peut te faire parvenir par une personne interposée. »

FREDERIC GORE BI

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