Lundi 15 février 2010, une pluie d’environ 09 heures s’abat sur la ville d’Abidjan capitale économique de la Côte d’Ivoire. Le lendemain, dès les premiers rayons de soleil une odeur nauséabonde envahit tous les quartiers. De Yopougon, Treichville, Abobo ou Adjamé, le constat est partout le même. Cette odeur est tenace en bordure des cours d’eau (lagunes) et aux alentours des autres retenues artificielles (caniveau, égout). «Ces odeurs ne sont pas le fruit de décomposition d’ordures», souligne cet enseignant dans un bus de la SOTRA (société de transport abidjanais).
En effet bien que beaucoup d’Abidjanais en parle sous la cape, ils sont nombreux à avoir la certitude que les fameux déchets toxiques du Probo Koala n’ont pas tous été enlevés de la ville. Lorsque vous respirez cette odeur quasi indescriptible, un violent mal de tête vous gagne. Vous yeux semblent quitter vos orbites, la nuque est en feu et il vous vient une soudaine envie de vomir toutes vos entrailles.
Les déchets dispersés partout sur le territoire Abidjanais n’ont pas été tous ‘’stockés’’ dans des lieux où l’on pouvait les récupérer facilement. Dans certaines zones, les coulées de ces résidus toxiques ont certainement pollué des sources d’eau. A certains endroits des lagunes, une eau noirâtre semble stagner : la surface sur laquelle s’arrête les hérons et autres oiseaux semble être recouverte d’une sorte de glue. Les roches qui jonchent les bordures sont couvertes d’une mousse visqueuse et ce repère traditionnel de centaine de crabes et autres mollusques parait avoir perdu toute sa faune aquatique.
«Il faut que les autorités fassent quelque chose pour nous débarrasser de ces mauvaises odeurs et de pollution lagunaire», souligne Ernest Irié Bi maçon. «Que ce soit des déchets toxiques ou autre chose il faut qu’on trouve une solution» lance cet élève du Lycée moderne de Treichville. «Pour nous qui vivons du commerce c’est un peu difficile», se plaint cette restauratrice à Adjamé. «Les clients refusent de manger dans les mauvaises odeurs et même aujourd’hui, je peux dire que la célèbre rhétorique ‘’ça ne tue pas africain’’ a disparu du vocabulaire des Abidjanais car on sait depuis le scandale de TRAFIGURA ce que ces mauvaises odeurs et ces déchets peuvent causer».
Au moment où le gouvernement ivoirien fait peau neuve, les habitants de la perle des lagunes (à moins que ce ne soit perles des ordures) espère que le (nouveau) Ministre chargé des questions environnementales puisse jeter un coup d’œil sur le problème de cette pollution.
Suy Kahofi









