Abidjan « inondé » de produits « chintok »

Les produits venus de la Chine envahissent les marchés d'Abidjan

De plus en plus de produits venus de la Chine sont présents sur les marchés ivoiriens. Des médicaments aux chaussures en caoutchouc en passant par les bonbons et des produits alimentaires comme le lait ou le chocolat, rien sur le marché n’échappe à l’invasion des firmes de l’empire du milieu. Les Ivoiriens vivent au quotidien avec ces produits mais leur appréciation diffère d’un individu à l’autre. Pendant que certains estiment qu’il s’agit de produits permettant d’énormes économies, d’autres les jugent par leur qualité.

Adjamé, au cœur du Forum des marchés de ladite commune. Les commerçants crient pour vanter les qualités de leurs produits et pour attirer la clientèle.

Au milieu des véhicules stationnés sur le bas côté de la route principale du marché, une fourgonnette ‘’tatouée’’ de nombreux signes mandarin. Du véhicule sortent des sandales qui sont vendues à 1200 francs la pièce et ceux-ci créent un attroupement des vendeuses. « Avec Monsieur Yu c’est bien ! les chaussures moins chères ! Prix de gros 1200 francs et tu peux avoir 300 ou 500 francs de bénéfice ! » explique Djata jeune vendeuse. « Les chinois sont pas chers voici pourquoi on achète nos produits avec eux » témoigne Diop commerçant.

Il n’y a pas que les vendeurs que les produits chintok arrangent. Les consommateurs y trouvent leur compte. « Avec 5000 francs, je peux acheter 6 paires de sandales pour mes enfants ! Avant ce n’était pas possible. Et même delà des chaussures, les autres produits sont moins chers » soutient cette mère de famille.

Les produits chintok (comme les surnomme à Abidjan) sont donc moins chers et permettent aux ménages de faire des économies mais pour ce qui est du rapport qualité prix certains consommateurs émettent des réserves. « Regarde les chaussures de chinois, tu portes un mois ou même 15 jours et ton pied est déjà dehors ! C’est de la pacotille ! Qu’ils essaient de mettre un peu de sérieux dans la fabrication de leurs produits » lance Koffi Darius, un peu agacé.

« Moi je ne consomme pas leurs produits parce que les notices sont en chinois. Et moi, je n’utilise pas quelque chose dont j’ignore l’origine et dont j’ignore le mode d’emploi » confie Mme Kouédan Léa. « J’ai peur d’eux ! Depuis cette affaire de lait contaminé (lait à la mélamine de chine)  je n’utilise plus les médicaments qu’ils vendent» affirme Odibo Francine. « Je ne peux pas acheter un produit qui va me créer des problèmes demain même s’il est à moindre coût » affirme Effy Diby avant de conclure « si les chinois veulent rendre service qu’ils associent qualité et prix bas ».

Suy Kahofi

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