Plants de manioc, bananiers, palmiers à huile, tarot, etc., sont des plantes agricoles bien connues du monde rural. Mais à Abidjan, ces plantes sont tout aussi présentes et font partie du quotidien des Ivoiriens. Cette présence impressionnante des plantes culturales et donc de l’agriculture s’observe à plusieurs niveaux. Il semble même ne pas avoir de lieux de prédilection pour la pratique de cette dernière. Tous les espaces sans exception y passent, pourvu que quelque chose puisse y pousser.
Pour rappel, Abidjan est la capitale économique de la Côte d’Ivoire. Activités industrielles et commerciales se développent à grande échelle sur son espace. Les constructions et promotions immobilières « dévorent » elles aussi une bonne partie de cette superficie abidjanaise : il faut bien que la population arrive à se loger – convenablement. La pratique de l’agriculture en Abidjan doit donc tenir compte de toutes ces contraintes et s’adapter aux réalités de la cité. En effet, tout ce qui ne s’adapte pas disparaît : c’est la loi de la sélection naturelle. Or l’agriculture ne veut pas disparaître. Et d’ailleurs, nous n’avons pas intérêt à ce qu’elle disparaisse.
C’est ainsi que même les bordures de routes servent d’espaces culturaux. Des bandes de terre – assez considérables – séparant deux voies font révéler à certaines personnes des aptitudes ou des qualités de « paysans » ou de « cultivateurs» en pleine capitale économique. Dans certaines habitations et administrations, le constat est le même. Des lots (fonds de terre) non bâtis, des bas-fonds sont vite transformés en « exploitations » agricoles.
Et parlant de bas-fonds, celui situé entre le campus de Cocody et la cité universitaire « MERMOZ » abrite un (véritable) champ comprenant diverses variétés de plantes agricoles : plants de manioc, palmiers, bananiers, et même cacaoyers s’y trouvent.
Entre quartiers populaires aux quartiers huppés, milieux d’analphabètes et ceux du savoir, l’agriculture semble se développer. Tout le monde se sent concerné.
Cette pratique agricole, surtout sur les lots (non bâtis), témoigne–t-elle de la mise en valeur du terrain autrefois requise pour accéder à la propriété foncière ? En effet, avec l’annexe fiscale de 2002, cette exigence en vue de l’obtention de la pleine propriété foncière a été supprimée. On est donc en droit de se demander si c’est à titre décoratif (surtout au niveau des administrations) ou par nécessité d’alimentation que l’agriculture se pratique « dans tout Abidjan ».
Mais quoi qu’il en soit, un message clair paraît se dégager. A qui veut le savoir ou l’entendre, la Côte d’Ivoire est de tradition agricole. D’ailleurs, « le succès de ce pays (la Côte d’Ivoire) repose sur l’agriculture ». Et ce n’est pas Abidjan qui dira le contraire, elle qui est le reflet – incontestable – de ce « succès », de ce développement de la Côte d’Ivoire. Ainsi, Abidjan porte de façon véritable les marques de l’agriculture.
C’est dire que, tous ,autant que nous sommes, quel que soit notre statut, maçons, élèves, étudiants, soldats, autorités politiques, etc., avons une conscience agricole et surtout celle de l’agriculture vivrière. Et pourtant, la Côte d’Ivoire n’est pas à l’abri des crises alimentaires !
Evrard Aka









