Cette journée du jeudi 24 juin a été certainement cauchemardesque pour de nombreux Abidjanais. Très tôt le matin, ils se sont retrouvés sous les eaux. Certains comme Armand, ont été réveillés par cette pluie violente. « On a tenté de s’enfuir », dit-il. Parfois au péril de leurs vies. Claudus, un célèbre blogueur ivoirien a été témoin de toute cette catastrophe. Texte et photo incroyable. Témoignage d’une journée fortement remplie.
Claudus Kouadio. La nuit Abidjanaise a été longue et mouvementée dès 3 heures du matin dans plusieurs quartiers du district. Entre vent violent, éclairs, tonnerre, cordes de pluie et coupure d’électricité (dans certaines zones) la population hésitait visiblement entre les deux choix que s’offraient à elle : trouver le moyen de dormir comme un loir, ou rester en éveil pour ne pas se faire surprendre par une possible inondation tant l’eau coulait à flots.
En fin de compte, la nature a visiblement décidé pour nous tant il pleuvait à torrents.
Certains ont assisté tranquillement au spectacle en attendant l’accalmie, quand d’autres devaient faire face à cette pluie qui inondait déjà leurs domiciles pour la plupart situés dans des zones à grands risques ou mal loties. Les ministères de la Construction, de l’Urbanisme et de l’Habitat ont été à plusieurs reprises appelés à prendre des mesures pour parer à cette situation qui n’est pas la première du genre dans certains endroits de la capitale où les pluies diluviennes ont déjà entraîné des morts dans des éboulements et noyades (20 morts à Abidjan en 2009 dans la même période).
Les usagers de la route et autres travailleurs qui ont tenté de braver l’orage pour aller chercher leur pain quotidien, ont dû batailler comme des forcenés pour se frayer un chemin entre lacs artificiels et autres rivières saisonnière, avant de déboucher sur des embouteillages monstres et devoir rebrousser chemin pour essayer de trouver un échappatoire, tant la circulation était perturbé ce matin. Un véritable calvaire.
Armand lui, a échappé de peu la mort.
Il pleut depuis une heure ce matin du 24 Juin. A 5 heures, je suis réveillé en sursaut par mon grand frère qui me suggère de regarder dans la cour. Je m’exécute et je constate que toute la cour est inondée et l’eau ne cesse de monter. On s’active rapidement. Réflexe de survie oblige. Il faut sauter impérativement le disjoncteur afin d’éviter toute décharge électrique.
A l’intérieur de la maison, on essai de sauver ce qu’on peu. Puis le père de famille décide qu’il faut qu’on s échappe de la maison avant d’être totalement immergé.
Nous sommes six au total. (4 hommes et 2 filles). On forme une chaine humaine et on sort peu a peu. Une fois dehors, le courant d’eau est si fort qu’une des filles est presque emportée. Elle très vite retenue par mon grand frère. Elle en est traumatisée et commence à pleurer. (J’avais jamais vu ça) disait t’elle. Dehors, les routes affichent un visage digne d’un scénario de fin du monde. L’eau ruisselle à grand flots.
De partout, certains véhicules sont totalement immergés. Le bitume a fondu par endroit comme un comprimé effervescent dans de l’eau. Des murs se sont écroulés. Les habitants, témoins impuissants, constatent l’ampleur des dégâts et très vite, les conclusions sont tiré. «C’est un problème de canalisation, chacun vient, il construit petit à petit sur les caniveaux. Et maintenant, il n’y a plus de caniveaux pour évacuer les eaux », disent certains.
Quand à nous les six rescapé, nous avons trouvé refuge dans un ménage non loin de chez nous (chez une tante), épargné de par sa position en hauteur par rapport à chez nous. Pendant ce temps, il continue de pleuvoir et vu la couleur du ciel, on en a pour une journée encore ou moins.
Le plan ORSEC (Organisation de secours), lancé ce mardi 22 Juin 2009 (pratiquement un an jour pour jour) pour faire face aux catastrophes naturelles et aux éboulements de terrains, va être mis à rude épreuve car les sinistrés sont très nombreux.
8 morts dans des glissements de terrain dus à la pluie (préfet)
Au moins huit personnes sont mortes jeudi dans des bidonvilles à Abidjan à la suite de glissements de terrain provoqués par des pluies torrentielles, a déclaré à l`AFP le préfet Sam Etiassé. »Aujourd`hui (jeudi), nous déplorons huit morts dans différents quartiers d`Abidjan », a-t-il indiqué. Ces glissements de terrain ont eu lieu dans des « quartiers précaires », a-t-il souligné. Dans ces bidonvilles, les habitants vivent dans des baraques installées souvent sur le flanc ou au bas de collines, s`exposant aux éboulements.
Alors que la saison des pluies bat son plein, les pluies diluviennes qui avaient commencé mercredi soir ont également inondé des quartiers résidentiels de la ville et occasionné de nombreux dégâts, a ajouté le préfet. En juin 2009, des éboulements dus aux fortes pluies avaient fait 21 morts dans la capitale économique ivoirienne. Source AFP
D’autres photos diffusées sur le web

Crédit photo - abidjan.net

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Bilan provisoire à 20h: 11 Morts à Abidjan