Abobo- Adjamé:une expérience pour traiter les eaux usées d’Abidjan

dispositif expérimental

Université d’Abobo- Adjamé. Un dispositif qui ne laisse aucun passant indifférent. Le plus captivant c’est la présence de cette seule silhouette féminine au milieu d’une colonie de garçons. Dans cette broussaille, des dabas, des machettes et certains autres outils en main. Ils déploient une véritable énergie en débroussaillant le terrain. Autour d’eux, un dispositif assez particulier.

En réalité il s’agit d’une séance de nettoyage d’un site expérimental. Un site expérimental conduit par dame Olga Patricia Tchéhué, doctorante en Science et gestion de l’environnement à l’université d’Abobo-Adjamé. Pour les questions de travaux ce jour, elle se fait aider par quelques uns de ses étudiants de la maîtrise venus aussi dans l’intention d’être plus proche de la pratique en ce qui concerne l’expérience réalisée.

Quelle est cette expérience qui nécessite un dispositif exceptionnel ?

En effet, il est question d’une expérience de traitement d’eaux usées.

Une expérience qui est l’objet du mémoire de thèse de Dame Olga Tchéhué. Elle a choisi cette expérience pour son mémoire de thèse en raison des difficultés particulières que la côte d’ivoire rencontre en ce qui concerne le traitement des eaux usées.

« J’ai voulu particulièrement mener cette expérience parce que je me suis rendu compte qu’en côte d’ivoire on a une difficulté particulière à traiter nos eaux usées. Une difficulté due à un manque de recherche en la matière mais surtout à cause de la cherté des appareils permettant de traiter ces dites eaux (ces appareils sont tous importés).

En quoi consiste exactement cette expérience ?

« Elle est très simple. Si vous le constatez, il y a trois étapes particulières. La première, consiste évidemment à avoir des eaux usées. Et nous sommes en partenariat avec la SODECI (société de distribution d’eau en côte d’ivoire). C’est elle qui nous procure les eaux usées que nous stockons dans des vases. La seconde étape consiste à faire passer cette à l’aide de tuyaux ces eaux dans une composition de quartz, de charbon, de sable fin et d’autres éléments encore. Et dans cette composition, nous y faisons pousser des plantes. Toute cette composition permettra de diminuer la toxicité de ces eaux usées. La dernière étape consiste à recueillir ces eaux dans un local afin de vérifier la toxicité de départ et celle d’arrivée. S’il y a une différence. »

on donne des directives à ses étudiants

Les résultats recueillis sont- ils satisfaisant ?

« Il faut souligner que c’est une expérience qui se réalise sur une année. Déjà je suis à mon sixième mois et je crois que les premiers résultats recueillis sont satisfaisants. »

Quelle utilisation en faire à la fin de l’expérience ?

« Si le résultat est positif je ne peux que le mettre à la disposition de nos autorités pour qu’elles avisent. Pour ma part je crois que j’aurai rendu service à mon pays. »

Des difficultés ?

« Bien sûr des difficultés, elles existent sous plusieurs aspects :

D’abord au plan physique, c’est épuisant pour la femme que je suis de nettoyer chaque fois. ça demande de l’énergie. C’est pourquoi souvent je sollicite l’aide de certains de mes étudiants. On a la pression de notre entourage surtout celle des parents. Vous savez on est en Afrique et une femme à cette âge (trentaine) qui n’a pas d’enfant qui ne s’intéresse qu’à ses études qui ne finissent jamais. Il y a de l’inquiétude à se faire.

Aussi les difficultés sont d’ordre technique, comme je l’ai dis cette expérience j’ai un an pour la faire. Et souvent ce qui est décourageant c’est quand je m’aperçois qu’à une certaine avancée je dois tout reprendre parce que j’ai trouvé des ‘’boulettes de fessettes’’  (excréments humains), ou encore des préservatifs utilisés dans mon expérience.

La plus grosse difficulté c’est les finances. Figurez vous pour cette expérience, j’ai besoin d’un minimum de 6 millions pour y parvenir. Je ne suis subventionnée ni par l’état, ni par l’université. Ce sont mes propres finances recueillies des apports externes et j’avoue que c’est vraiment difficile. »

Judy-Kaêl Dahé

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