Abobo a vécu lundi dernier une journée difficile marquée par des affrontements. La population de cette commune populaire se souvient encore de cette « lundi d’enfer ». Témoignage
« la journée du lundi a été très éprouvante pour moi. Très tôt le matin, lorsque je me dirigeais vers la gare pour prendre mon véhicule pour le travail, il y avait un groupe de manifestants qui brûlaient des pneus sur la grande voie. Au bout d’une trentaine de minutes, il y avait une foule immense sur la voie qui mène à Adjamé (commune populaire). Cette foule semblait tellement déterminée qu’on assistait à des actes casse et de pillage des magasins», atteste Bertine TOTO, une employée en restauration.
« la manifestation était tellement violente qu’on osait même pas se tromper pour sortir de nos maisons à un certain moment donné. Les manifestants étaient armés de pierres et de gourdins qu’ils balançaient sur les policiers qui sont venus dans le but de rétablir l’ordre dans la commune. Mais cette tentative des policiers qui servait à disperser les manifestants à l’aide de gaz lacrymogène s’est avérée vaine devant la ténacité des manifestants car au bout de 30 minutes d’échanges, les policiers se sont replier », explique Christophe Koffi, employé dans une usine à la zone 4 (commune industrielle).
« Mon mari a passé toute la journée du lundi au travail et il m’a même attesté qu’il a dormi sur son bureau », déclare Suzanne GOULEHI, femme au foyer.
« J’ai dormi dans mon amphi à l’université car depuis le début de ces évènements, avec la casse des bus de la SOTRA par les manifestants, la société a suspendue toute la ligne d’Abobo jusqu’à ce jour. J’ai été obligé de faire la distance université de Cocody- Abobo à pieds », témoigne Anderson SEKREDOU, étudiant en maîtrise d’Allemand.
« J’avais commandé un stock de provision, puisque je suis prestataire en restauration. Il était 11 heures quand le chauffeur du véhicule de provision m’a appelé pour me signifier qu’il était pris en parti à la gare d’Abobo par les manifestants qui ont vidés le contenu du camion sous prétexte qu’il appartenait à un membre du parti au pouvoir puisque le chauffeur leur avait dit qu’il allait livrer la provision à Cocody », souligne Monsieur N’DAH, prestataire du restaurant universitaire de Mermoz.
« Ils se sont rués comme des abeilles sur mon ‘’placali’’ (met très apprécié fait à base d’amidon). Au moment de m’en rendre compte toute ma marchandise a été consommée par ces gens. Je ne sais même pas s’ils sont venus manifester ou manger la nourriture des gens », confirme dame Adjoua Komenan, l’une des restauratrice la plus fréquentée d’Abobo gare.
Propos recueillis par Judy-Kaël Dahé
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