Une véritable chaîne de travail. C’est ainsi qu’on peut qualifier la fabrication du ‘’Bazin’’ (tissu d’origine malienne caractérisé par sa matière et sa teinture toute particulière). Un caractère tout aussi particulier pour le procédé de confection.
En effet, le Bazin avant de prendre son allure commerciale subit trois étapes différentes. C’est à Adjamé-Bracodi (quartier populaire d’Abidjan) que nous avons assisté à ce travail qui passionne certains et suscite l’admiration des clients.
La première étape consiste à donner une forme au pagne qui est à l’état brut. Il s’agit de faufiler les différents bout des pagnes à l’aide d’aiguille et de fil chacun en fonction de l’harmonie et la forme qu’on désir donner au bazin.
Un travail que Moumouni Cissé et ses collègues semblent bien maîtriser à l’image de plusieurs autres dans le secteur. Le caractère de toute cette minutie mise autour du faufilage est sans commentaire. C’est avec un air poussé par une étroite précision que Moumouni et ses collègues travaillent. « Cette étape est très déterminante dans la suite du processus car si on est distrait un temps soit peut, c’est tout le travail de suite qui prend un coup. C’est le raison pour laquelle nous sommes obligés d’y mettre le sérieux et surtout la précision », souligne Moumouni le superviseur de ses camarades.
Une première étape qui lorsqu’elle est réussie, facilite la seconde.
La seconde étape est l’affaire des femmes. C’est Nabitou Comara et sa sœur qui réceptionnent les œuvres de ‘’Moumouni et collègues’’. A ce niveau, elles abattent un travail non moins important que les premiers. En effet, il s’agit pour ces femmes de donner une couleur au bazin. Et cela elles le font en trempant les pagnes recueillis de la première étape dans une solution faite d’eau très bouillante et de colorants.
Des gants aux mains, elles font des ‘’allers et retours’’. Cette chaleur dans laquelle leurs mains sont trempées ne les empêche pas de nous livrer à l’instar de la première étape, le caractère déterminant de cette seconde étape « c’est une étape qui détermine tout le travail de suite, parce qu’il s’agit là de donner une beauté au Bazin. Et ce, à travers la couleur. L’eau chaude permet au colorant de fixer le Bazin et d’y rester définitivement. Alors vous comprenez la raison pour laquelle quelque soit cette chaleur sommes obligées d’y plonger nos mains », explique Nabitou Comara sous le regard affirmatif de sa sœur Safi Comara.
Une fois la seconde étape terminée, Séïdou et son collègue Drissa se charge du travail de fin (la troisième étape). Un travail très musclé à en voir l’énergie dégagée par ces derniers pour l’accomplissement de ce qui semble être leur travail quotidien. A ce niveau, il s’agit pour les deux braves garçons de ‘’frapper ‘’ le bazin issue de la seconde étape à l’aide de morceau de bois taillés pour la circonstance. La fermeté et la vigueur que ces braves garçons communiquent au bazin, ne laisse aucun passant indifférent. Un véritable exercice de vigueur, une démonstration de force, et tout cela dans l’intérêt de donner une fermeté au Bazin. Une étape qui selon les auteurs est la plus ardue des deux autres « si nous ne donnons pas de notre force au Bazin dans l’exercice finale, tout le travail qui est fait depuis le début est inutile, donc le travail que nous faisons est au-delà du travail de fin, c’est un travail de perfection car c’est de là qu’il est acheminé sur le marché pour vente. C’est en ce sens que je m’évertue toujours à dire que le bazin nous doit sa beauté », soutien avec ferveur Seïdou.
Quoiqu’il en soit au-delà c’est une véritable alchimie de procédé que subit le bazin avant d’arriver sur le marché. Une chose est certaine, à chaque étape, chacun s’en attribut l’entière mérite.
Judy-Kaël Dahé
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Erreur, le basin(tissu) n’est pas originaire du mali. Il vient de l’allemagne et de la hollande.