24/11/2018 / Moahet-Sran

Ouvert à Marrakech, le 20 novembre 2018, la 8e édition du Sommet Africités a fermé ses portes le 24 novembre 2018. Le rôle des collectivités territoriales africaines pour la transition vers des villes et territoires durables sur le continent a été au cœur de la rencontre triennale des gouvernements locaux africains.

Au moins 8 200 personnes – venues d’Afrique, d’Europe, d’Amérique et d’Asie – ont pris part à Africités 2018. Un record, depuis que le Sommet est organisé. Les échanges et débats, abordés à travers 161 sessions et évènements, ont tout aussi été enrichissants, tant ils ont permis de mettre en exergue des bases pour ériger des cités africaines durables.

Des officiels à l'ouverture du Sommet Africités 2018
Des officiels à l’ouverture du Sommet Africités 2018

De l’implication de tous pour des cités durables

Pour arriver à des cités durables en Afrique, les dirigeants africains doivent s’engager résolument dans la voie de la planification. Il est important de maîtriser de façon spatiale la manière dont les populations s’installent. Pour le secrétaire général de Cités et gouvernements locaux unis d’Afrique (CGLU Afrique), Jean Pierre Elong Mbassi, c’est « un drame » de dire à quelqu’un qui a construit sa maison, qu’une route va passer là où il habite et qu’il faudra partir.

Pour planifier les cités, l’administration, les collectivités territoriales, les citoyens… tout le monde doit être impliqué. Les propositions de tous sont les bienvenues. Les participants recommandent de « valoriser la diversité culturelle, historique, organisationnelle et communautaire » locale et africaine. De la sorte, chacun fera indubitablement sienne la cité bâtie, y vivra en harmonie avec les autres. Cela pourra permettre de freiner l’exode et les migrations.

Dans la gestion des cités, il importe également d’opter pour l’inclusion. Les femmes, les jeunes, les administrés, doivent être inclus dans le processus de prise de décisions. Il faut privilégier « l’écoute, le dialogue et la co-construction », pour « établir la confiance avec les citoyens et les acteurs locaux », recommande d’ailleurs le Sommet. Ainsi l’acceptation et l’application des mesures prises s’en trouveront facilitées et aisées.

À la rencontre tripartite entre ministres, maires et partenaires au développement du Sommet Aficités 2018

De la bonne gouvernance pour des cités viables

« Si on demande une décentralisation financière, il faut bien gérer les ressources sollicitées, et même mieux qu’au niveau national ». Une adresse du directeur des programmes de CGLU Afrique, François Yatta, à l’endroit des élus locaux.

Au quotidien, les élus locaux doivent veiller à la transparence dans l’administration et la gestion de leur cité. Ils doivent s’inscrire dans une démarche et une attitude de recevabilité et de reddition des comptes. Cela accroît le crédit des élus locaux à l’égard des citoyens et des bailleurs ; et un climat de confiance mutuelle et partagée naît. Toute chose qui facilite la gouvernance du territoire. La paix règne dans la cité et la vie s’en trouve harmonieuse.

Dans la planification, et surtout pour une gestion efficiente des cités, les gouvernements et les élus locaux doivent accorder une attention particulière à la maîtrise de la démographie. À Marrakech, les élus locaux ont manifesté leur engouement de bâtir, de transformer leur cité respective. La 9e édition du Sommet, organisé par CGLU Afrique, en 2021, à Kisumu (Kenya), permettra d’évaluer les actions menées.

Evrard Aka