Afrique One-ASPIRE, à l’assaut des maladies zoonotiques

Jeudi 21 juillet 2016. Abidjan, Radisson Blu Hôtel. Le Consortium Afrique One procède au lancement de la deuxième phase de son programme dénommé Afrique One-ASPIRE – African Science Partnership for Intervention Research Excellence.

Les diplomates suisse et britanique, au lancement d'Afrique One-ASPIRE

Les diplomates suisse et britanique, au lancement d’Afrique One-ASPIRE

9 heures. Convention Center du Radisson Blu Hôtel. De jeunes dames vêtues en tenues pagne de couleur verte, sur lesquelles s’aperçoit le logo du Centre Suisse de Recherches Scientifiques en Côte d’Ivoire (CSRS), nous accueillent. Direction la Salle Denguélé où des kakemonos rappellent l’objet de la rencontre : le programme « Afrique One-ASPIRE ».

De la nécessité de réconcilier science et société

10h 42. Dr. Karim Ouattara, Chercheur associé au CSRS et modérateur, annonce le début de la cérémonie. Au pupitre, il partage avec l’assistance deux chiffres : 53 et 80. Le premier, fait-il remarquer, représente l’espérance de vie d’un Africain, quand le second a trait à celle d’un Européen.

« La mortalité infantile » et « les maladies que l’Afrique a » sont les principales causes de cette faiblesse de l’espérance de vie en Afrique. C’est pourquoi il appelle à l’implication de tous – scientifiques, chercheurs, journalistes, politiques – pour « réduire cet écart » entre l’Afrique et l’Europe.

10h 55. Prof. Francis Akindès, Sociologue et Président du Conseil scientifique de l’Université Alassane Ouattara de Bouaké, est appelé au pupitre pour sa « conférence sur le dialogue entre les sciences et la société ». À l’origine, explique le conférencier, la science était « synonyme de progrès ». Conséquence : elle avait bonne presse dans la société. Mais aujourd’hui, note-t-il, une « crise de confiance » secoue le couple science/société. Pêle-mêle quelques causes de cette situation, selon le Professeur :

  • Les usages déviants de la science ;
  • Les inégalités accrues du fait de la mondialisation ;

« Vous avez la parole à la mesure de votre puissance scientifique », explique le conférencier.

De fait, poursuit-il, « c’est en inventant (des) choses qu’on compte dans l’histoire et dans l’arène des nations ». Malheureusement, déplore Prof. Francis Akindès, « la disponibilité des ressources humaines de qualité » et « le capital humain » nécessaires à ce « champ de compétitions » qu’est la mondialisation font défaut à l’Afrique. Le continent africain donne « plus l’impression de subir la mondialisation » et « résiste passivement » à cette donne, constate-t-il.

« One Health » pour lutter contre la rage canine et les autres zoonoses

11h 21. Prof. Bassirou Bonfoh, Directeur général du CSRS et Directeur du Consortium Afrique One, présente le Programme Afrique One-ASPIRE. Son objectif : la formation de la prochaine génération de chercheurs africains, à travers le concept « One Health » – une seule santé.

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Prof. Bassirou Bonfoh, au lancement d’Afrique One-ASPIRE

L’approche « One Health » vise à prendre en compte à la fois la santé de l’environnement, la santé de l’homme et la santé de l’animal.

« One Health » entend fournir des résultats qui permettront de proposer des interventions plus adaptées pour le contrôle et l’élimination des maladies zoonotiques. Des maladies dont les agents se transmettent naturellement des animaux vertébrés à l’homme, et inversement.

Au rang desdites maladies que prend en compte le Programme, figurent en pole position la rage canine. Une maladie endémique, dont « le nombre de décès dépasse celui de l’Ébola », souligne Prof. Bassirou Bonfoh.

Afrique One, qui existe depuis 2009, revendique déjà la formation de centaines de chercheurs, 109 publications, 83 communications scientifiques… Le Programme envisage former 400 étudiants, 450 chercheurs en « One Health »… Afrique One-ASPIRE prévoit également lancer en novembre 2016 un cours gratuit, ouvert en ligne et massif  (MOOC, en anglais) sur le concept « One Health ».

4,6 milliards de francs Cfa du financement du Programme sont mis à la disposition du CSRS – l’une des institutions leaders du Programme – quand l’Université de Glasgow, institution partenaire du Programme, en reçoit  87,6 millions de francs Cfa.

Afrique One-ASPIRE s’étendra jusqu’en 2021, soit sur cinq (5) années, avec une vingtaine d’institutions et partenaires africaines et européennes. Le programme couvre neuf pays africains et européens : Côte d’Ivoire, Ghana, Tanzanie, Suisse, Angleterre…

12h 23. Prof. Thiam Assane, Directeur de cabinet, Représentant madame le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, procède au lancement solennel d’Afrique One-ASPIRE, non sans assurer les acteurs du Programme de l’« appui inestimable » et l’« engagement » de son ministère.

Evrard Aka