Agboville: Les cordonniers face au casse-tête chinois

Ce coordonnier à Abidjan à le sourire. ce n'est pas le cas pour ses collègues d'Agboville

Les cordonniers d’Agboville ne sont pas content. Leurs chiffres d’affaire dégringolent de jour en jour. Cette chute est à la fois imputable à la concurrence des commerçants chinois et au manque de formation adéquate de certains jeunes cordonniers. Une situation vivement dénoncée par les professionnels qui voient ainsi leur métier menacé.

Ca ne marche plus chez les cordonniers. Leurs commandes s’amenuisent de plus en plus. Ils ne savent pas où donner de la tête. Même les grands moments comme les fêtes pendant lesquelles ils enregistrent d’habitude des bénéfices sont devenus des périodes de vaches maigres. C’est quasiment la descente aux enfers pour les pratiquants de ce métier. Ces travailleurs du cuir qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts entretiennent pourtant pour la plupart deux familles, à Agboville et au niveau de leur village d’origine.

Le marché du rond point est le quartier général des cordonniers à Agboville. Les ateliers de cordonnerie se succèdent à cet endroit où on est assailli par l’odeur du cuir et de la colle. Ils font tous la même chose et exposent quasiment le même produit. Cependant, ces cordonniers rivalisent d’ingéniosité et de talents.

«Contrairement à ce que nous avions l’habitude d’enregistrer, les commandes ont connu une baisse drastique ces derniers temps», indique Goby, jeune cordonnier avec un petit pincement au cœur.  Et de poursuivre : «l’arrivée des Chinois est l’une des principales causes. Depuis qu’ils sont en Cote d’Ivoire, on a noté une récession dans nos affaires. Ca ne marche plus. Il est impossible de rivaliser avec eux parce qu’ils proposent des prix trop dérisoires. Et compte tenu de nos charges, notre investissement pour la fabrication des chaussures et notre peine, nous ne pouvons pas les suivre dans cette logique».

Certains songent de plus en plus à rendre le tablier.

Berté DOUGOUNAN, Agboville.

Share