La question de l’insalubrité dans la cité du cola prend une allure de plus en plus inquiétante. Les populations vivent avec les ordures dans les maisons, et ne savent où les déverser.
Par Jésus Koutouan
Depuis plus de deux ans, il n’existe plus de site de dépôt d’ordure dans la ville. Nul ne sait pour quelle raison toutes les grosses poubelles ont été enlevées. Chaque habitant se doit donc de trouver un endroit où il pourra discrètement jeter les ordures. Chose qui n’est pas aisée puisqu’en le faisant, l’on s’expose soit à une amende, soit à une houleuse dispute aboutissant souvent à la bagarre.
Pour éviter toutes ces situations, certains habitants qui ont un peu d’espace dans la cour de leur maison, y font des creux pour enfouir les déchets.
Mais continueront-ils à le faire ? La puanteur que dégagent ces ordures envahit la maison. D’autres préfèrent poser leurs ordures sur les anciens sites de dépôts d’ordures généralement situés à proximité des marchés. «On est obligé de ne plus se soucier des intoxications alimentaires et maladies graves que cela pourrait provoquer. Pour l’heure, il est question de s’en débarrasser, il faut le faire… Le reste, on gère », affirme une ménagère.
La municipalité d’Anyama interpellée à plusieurs reprises, décline toute responsabilité et prétend que la tâche incombe le district d’Abidjan «qui en a les moyens».
Le district pour sa part, ne se sent nullement concerné puisque «les questions d’ordures ménagères doivent être gérées par les communes avec le soutien du ministère de la ville et de la salubrité urbaine».
Alors que les responsabilités sont repoussées de part et d’autre, la population subit les lourdes conséquences de ces forêts d’immondices. Ces ordures entassées durant des mois sont de véritables déchets toxiques qui font le bonheur des microbes et insectes qui envahissent la cité.
*Anyama, est une ville du sud située seulement à quelques kilomètres d’Abidjan.
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