Voici une semaine que les brigades du BURIDA (Bureau ivoirien des droits d’auteurs) ont fait une descente musclée sur les hauts lieux de la piraterie abidjanaise. Après ce passage, nous avons voulu savoir si cette opération avait calmé les ardeurs des pirates. Nous nous sommes donc rendu à la Sorbonne du plateau (lieu de commerce et libre expression à ciel ouvert dans le quartier des affaires). Et là, grande fut notre surprise : les revendeurs étaient fidèles au poste avec un nombre encore plus impressionnants de CD et DVD piratés.
Les méthodes mises en place par le chanteur Gadji Céli Saint-Joseph, nouvel homme fort du BURIDA, pour traquer les pirates porteront-elles des fruits ? Voici la question que beaucoup de personnes se posent aujourd’hui. Comment après cette opération de nettoyage les revendeurs sont revenus à leurs étalages comme si de rien n’était ?
Il est environ 9 h 17 mn lorsque nous arrivons à la « Sorbonne » au plateau. La bruyante sonorisation de l’agora nous accueille comme d’habitude avec au micro un « professeur » de l’actualité décortiquant l’histoire du pays. Nous contournons la scène pour atteindre les repères classiques des « pirates ».
Nous pensions voir un petit groupe mais tout le monde est là ! C’est bizarre : ces jeunes si excités au passage des clients réagissent autrement. Ils sont plus discrets mais ils sont bel et bien présents. Nous nous approchons d’eux mais à la vue de notre appareil photo aucun ne veut parler. Nous achetons un CD à l’un d’entre eux pour détendre l’atmosphère et là le courant passe plus facilement. « Ils sont venus, ils ont cassé nos étales et brûlés nos CD » nous confie l’un d’entre eux. Le discours guerrier d’autrefois n’est plus présent. Ceux qui se disaient intouchables parce qu’ayant ‘’des durs derrière eux’’ sont plus calmes. « Chacun vient à ses risques et périls. S’ils t’attrapent, il vont te faire ce qu’ils veulent » conclu le vendeur.
Le Président Gadji Céli a pourtant été clair lors de son passage sur le plateau du journal de 20 heures de la première chaîne de la télévision ivoirienne.
« Nous sommes résolus à lutter pour que les artistes puissent vivre de leur art. Des albums qui rapportaient entre 100 et 150 millions aux artistes ne valent même plus 1 million ! La piraterie tue les artistes et ces derniers quittent ce monde dans des conditions misérables. Les intimidations et les menaces ne nous ferons pas reculées ! ».
Rien n’échappe à la piraterie : des documentaires télé aux DVD des concerts en passant par les albums, tout est bon pour les « pirates ». Le BURIDA est sur le qui-vive et semble être déterminé à bouter les « pirates » hors du circuit.
En face, les pirates sont aussi présents. Résolus à vivre de leur ‘’boulot’’ parce que disent-ils « si on ne fait pas ça, comment allons-nous nous nourrir ?».
Qui aura le dernier mot dans cette bataille ? Wait and see comme disent les Anglais !









