Samedi 3 Avril 2010 à l’occasion de la célébration des 50 ans d’indépendance du Sénégal, le Président Abdoulaye Wade tourne une page de l’histoire Franco-sénégalaise. Il annonce l’autorité de son pays sur les emprises françaises composées notamment des camps du BIMA le 4 avril à 00 heure. Cette action met fin de facto à la présence des militaires français sur le territoire sénégalais dans la mesure où depuis février 2008 le Sénégal fait parti des pays du pré carré français ayant souhaité la fin de cette présence militaire.
Février 2010, le projet de fermeture de ces bases devait donner lieu à l’élaboration d’un texte co-signé par les deux parties mais visiblement les choses traînent et le Président Wade semble être passé à l’acte. Bernard Valéraux le porte parole du Ministère de l’Intérieur français ne remet pas en cause cette décision bien au contraire il souligne que son pays « respecte la souveraineté du Sénégal » et que l’avenir des bases (démantèlement ou potentiel maintien de certains soldats) se négocierait à l’avenir avec l’Etat sénégalais.
Cette annonce du futur départ des militaires français du Sénégal ne laisse personnes indifférents à Abidjan. Beaucoup se posent la question de savoir si la Côte d’Ivoire pourra demander à son tour le départ du 43ème BIMA. Cela est possible car M. Sarkozy a souligné, dès son arrivée au pouvoir, que tout pays désirant le départ des troupes françaises devait le signifier. Les règles de rupture de coopération militaire existaient depuis le lendemain des indépendances et entraient en vigueur sur simple demande de l’Assemblée Nationale ou du Président de la République du pays concerné.
Qu’on soit sur les campus Universitaires, entre amis ou dans un café, chacun commente cette actualité à sa façon. « Ce qui me fait mal c’est que nos dirigeants savaient comment exiger le départ de ces français et on nous a fait marcher au risque de nos vies devant des chars », souligne Patrice un jeune étudiant. Pour cet enseignant la Côte d’Ivoire n’aura la chance du Sénégal :
« le Sénégal et la Côte d’Ivoire représentent des enjeux économiques différents aux yeux de la France. Ils sont encore là car on ne se sépare pas d’un pays aux énormes ressources comme le notre du jour au lendemain ».
Notons que depuis Octobre 2002 date du début de la crise Ivoirienne, la présence des soldats français est mal perçue par une frange de la population à cause du rôle jugé ambigu de la France dans cette crise.
L’histoire retiendra tout de même qu’après l’attentat du Drakkar à Beyrouth, l’armée française aura connu la deuxième tragédie de toute son histoire en Côte d’Ivoire avec l’atterrissage des roquettes des Sukoï 25 de l’aviation Ivoirienne sur le camp Descartes à Bouaké. Une histoire et ses conséquences qui ne pourront jamais quitter l’esprit des Français et des Ivoiriens même après le départ du 43ème BIMA.
Suy Kahofi
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