« Êyou », malentendant, mongol mais que de disponibilité vis-à-vis des populations de Grand-Bassam. La vie de ce jeune homme d’environ 19 ans s’apparente à celle d’ un homme qui veut pouvoir vivre sa vie en se rendre utile dans la société. Rejeté par ses parents à cause de son handicap, il erre dans les rues de Grand-Bassam cherchant sa pitance quotidienne, mais de la plus belle manière que l’on peut s’imaginer pour un malentendant de son état.
Toujours à la disposition des populations, il va là où il y a du travail, où il peut être utile. Ses endroits de prédilections sont donc les grands chantiers, mais de plus en plus, devant l’église Catholique de l’impérial et à la décharge du petit marché de Grand-Bassam. A l’église de l’Impérial « Êyou » s’est donné comme travail le balayage de la devanture de l’église. Il aide quelque fois les dames à faire un peu de rangement à l’intérieur de l’église. Cécilia KOUAME, membre de la chorale Saint Joseph de l’église Impérial de Grand-Bassam parle d’Êyou avec beaucoup de nostalgie et d’amertume. « Êyou est un garçon bien, je ne sais pas pourquoi ses parents ne l’encadrent pas, il a besoin du soutien de tous parce que très serviable ». A la décharge du petit marché de Grand-Bassam où il a posé ses valises depuis peu, c’est lui qui réglemente le versement des ordures. Avec « Êyou », on ne dépose plus les ordures n’importe comment, il se charge même de mettre les sacs d’ordures sur la tête jusqu’au grand bac à ordures.
Les habitants de ce quartier communément appelé le « Forum » se réjouissent de la présence de ce jeune homme qui par sa vigilance a freiné quelque peu l’avancée des déchets et ordures. Selon Félix Zézé, un riverain, « Êyou » ne badine pas avec la rigueur sur le site de la cette décharge de fortune. Il arrive même à poursuivre les enfants qui versent les ordures à même le sol. Même son de cloche chez Grant David, président des jeunes du quartier « Bromakoté » de Grand-Bassam que beaucoup considèrent à tort ou à raison comme le père spirituel du jeune « Êyou ». En effet, Grant David arrive à comprendre le langage de ce dernier et c’est avec le sourire qu’il l’accueil lorsqu’il le voit.
Comme tout handicapé mais surtout malentendant et mongolien, « Êyou » a son petit péché mignon car il est quelquefois nerveux lorsqu’il n’arrive pas à se faire comprendre où lorsqu’il est la risée des enfants de son entourage. Mais, cela n’enlève rien à la disponibilité du jeune « Êyou » vis-à-vis des populations.
Alex YEDAGNE, Grand-Bassam, Sud Comoé









