« Berrymania » : Ne vous faites pas avoir

Voici le téléphone qui fait courrir en ce moment bon nombre d'Ivoiriens

Après la folle période des portables à écrans tactiles, ceux à deux puces et du célèbre iPhone, Abidjan vit désormais au rythme du Blackberry. Ce téléphone aux multiples applications et au design hi-tech fait jazzer les uns et les autres. La mise sur le marché de nouveaux modèles alimente les conversations et les férus de téléphone à la mode ne manquent pas d’occasion pour passer dans la nouvelle dimension.

Malheureusement plus un objet a du succès, plus il est sujet à la contrefaçon et à toute sorte de trafic. Acheter un Blackberry semble être une affaire toute simple mais les connaisseurs et les vieux routiers de la filière portable à Abidjan disent le contraire.

Sur les pas des commerçants et acheteurs du Blackberry nous nous rendons dans deux points stratégiques du business du téléphone : Le Black d’Adjamé et la Gare de Bassam à Treichville (quartier populaire). Dans le premier lieu cité, nous avons rendez-vous avec Cheik, un « Blacky’s » (vendeur au black market) d’environ 40 ans. Entre pic-pockets, receleurs et vendeurs, il nous donne quelques conseils pour ne pas tomber sur un téléphone à problème.

« Beaucoup de personnes ne veulent pas acheter des portables simlockés (verrouillés par les maisons de téléphonie mobile) voici pourquoi elles viennent directement sur le marché. Mais il faut faire attention. N’achetez jamais un Blackberry avec un vendeur à la sauvette : dans 90 % des cas le vendeur vient de le voler. Si vous l’achetez en seconde main faite le vérifier par un bon électronicien même si vous le reprenez à votre meilleur ami. Le vrai Blackberry n’est pas un téléphone mais un bijou de communication. Si quelqu’un s’en sépare c’est en grande parti parce que le téléphone vient d’avoir un problème. Exigez toujours un acte de vente sinon vous risquez de vous retrouver en prison « .

Moustapha nous attend à la gare de Bassam : sa spécialité est le dépannage des portables. Lui aussi à quelques conseils pour nous.

« Vous voyez ce téléphone, vu son apparence il doit être bon ; mais si je vous le vend il vous sera utile juste deux semaines car son système est infecté par un virus . Aucune barrière n’existe contre les programmes malveillants et avec la vague des chinetok (produit contrefait venant en général d’Asie) tout est possible. Plus un Blackberry à des applications installées, plus il est un potentiel nid de virus car rares sont ceux qui payent pour les applications qu’ils téléchargent. Si vous achetez votre téléphone sur le marché faite le dans un magasin et non sur une étale dans la rue : respectez les prescriptions du vendeurs et faites vous rembourser automatiquement si le téléphone ne répond pas à vos aspirations. Je connais des gens qui jusqu’aujourd’hui courent pour récupérer leur argent avec des vendeurs et ça dure depuis des mois ».

Suy Kahofi

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