Bocanda : une ville dans le coma

L’entrée de la mairie de Bocanda

Absence de pressing et de supermarché. Aucune trace d’une banque commerciale. Manque totale ou partielle d’infrastructures de première nécessité dans la ville. Et celles qui existent ne sont que l’ombre d’elles mêmes. L état piteux des routes, rues et ruelles de la cité du « Boca » est l’expression la plus achevée de ce que l’on peut appeler le coma  profond de la ville de Bocanda.

Cette ville qui fut dans le temps un pôle économique de l’ancienne boucle du cacao, est plongée dans une léthargie. D’année en année, cette léthargie s’est transformée progressivement en coma.

une rue de Bocanda

Érigée en sous-préfecture au début des indépendances et passée département depuis quelques décennies, Bocanda n’a pas fière allure. Ce département souffre d’un énorme retard de développement.

Le département, Il n’existe que de nom. Il n’existe aucune commodité relative à une ville digne de ce nom et de surcroit un département. Pour les fonctionnaires en poste dans cette localité, être muté à Bocanda équivaut à une sanction. Les plus cyniques vont jusqu’à dire que c’est un supplice que d’être fonctionnaire dans cette ville.

« Je suis obligé de venir jusqu’à Dimbokro distant de 60 kms pour trouver un pressing. C’est tout simplement désolant pour un département » déclare Kacou Théodore, instituteur.

une vue de la gare de la seule compagnie de transport de bocanda

Irène Badié, enseignante à l’EPP (école primaire publique) de Gimbo- Bayassou, elle, évoque les difficultés liées aux problèmes de transport en commun qui sont monnaie courante dans ce département.

« Le village dans lequel j’enseigne est situé à quelques encablures de la ville. Mais pour m’y rende c’est la croix et la bannière. Il n’y a qu’un seul véhicule qui fait la navette entre les villages et la ville de Bocanda. Et pour l’avoir, il faut se réveiller à 5 heures du matin. Si vous le ratez, vous allez devoir attendre le lendemain ou tout simplement vous résoudre à marcher pour rallier la ville. »

l’artère principale de Bocanda, le seul point animé de la ville

Quant à Koné Adama, anciennement instituteur à Kouassi Nzikro et aujourd’hui en fonction à Daoukro, il nous donne  les raisons de son départ de ce département.

« C’était intenable et je n’en pouvais plus. Chaque fin de mois, j’étais obligé d’aller à Abidjan pour ma solde, parce qu’il n’y a pas la succursale de ma banque à Bocanda. Et avec le phénomène des coupeurs de route qui fait rage dans cette localité, avec les victimes qui ne se comptent plus, j’ai préféré partir avant que le pire n’arrive. »

Triste pour un département qui regorge plusieurs cadres qui font la fierté de ce pays.

FREDERIC GORE BI

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