BTS 2010: Dans le « bois sacré» des candidats

Liebl et ses amis dans leur "bois sacré"

Le Brevet de Technicien Supérieur, c’est le 12 juillet 2010. En attendant, place aux révisions.

Aimé, Alain, Carine, Fousseny, Isidore, Joëlle et Liebl préparent le BTS en Electronique. Ils appartiennent à la même classe. Ensemble, ils ont constitué un groupe d’étude.

Huit ? « On ne peut pas refuser un camarade de classe qui veut étudier avec nous», se défend Isidore Konan Koffi. «Il devra néanmoins se conformer aux règles. Nous n’accepterons pas que quelqu’un vienne nous distraire », renchérit Joëlle Amenan Koffi, dernière à rejoindre le groupe.

Tous les samedis, depuis le mois de janvier, ils se réunissent pour travailler. Au départ, Liebl, Foussény, Alain et Ben constituent le noyau. « Nous nous connaissions déjà depuis la première année. Ca n’a donc pas été difficile », raconte Foussény Traoré.

Le « 16 janvier », se souvient Foussény, ils se réunissaient pour la première fois à l’EPP Cocody-Est, une école primaire de la commune présidentielle de Cocody. La régularité, la volonté – ils viennent d’Abobo et de Yopougon, des quartiers éloignés – et le sérieux dont ils font preuve attirent les autres. Même si pour Soro Aimé, c’est plus pour « la proximité » du lieu d’étude.

La priorité, ce sont les matières spécifiques à leur spécialité. Ces matières, une quinzaine au total, sont « éprouvantes ». Entre 9 heures et 10 heures de travail. Tous les samedis – à compter du 21 juin ce sera du lundi au vendredi – c’est ainsi. Ils viennent à 8 heures pour ne repartir qu’à 17 heures. Les matières telles que le Français et l’Anglais sont, quant à elles, révisées individuellement. « On estime que ce sont des matières que chacun peut étudier seul… »

La note éliminatoire, « trop injuste !»

Des craintes. Notamment par rapport à la « note éliminatoire ». « Trop injuste !», selon Joëlle. C’est l’avis de tous.

Cette note est de 7 sur 20. C’est le minimum à avoir en « Physique appliquée, un module qui regroupe 5 unités de valeurs ». En d’autres termes, c’est une grosse matière de 5 petites. Pour ces candidats, la note éliminatoire ne reflète pas la valeur réelle de l’étudiant.

« Ce n’est pas parce que j’ai plus que 7 en Physique Appliquée que je suis forte en Electronique », argue-t-elle. En plus, « elle ne porte pas sur la pratique », rajoute Aimé. « Or, nous sommes censés être des praticiens ».

Tous s’accordent pour dire que c’est une mauvaise réforme et qu’elle ne rehausse pas, contrairement à l’avis des autorités, leur niveau.« C’est plutôt un moyen de nous recaler… », pensent-ils. Pour les enseignants, les autorités ne relèveront le niveau des étudiants que lorsque les notes de classe compteront pour l’examen.

Déterminés à réussir, ils restent tout de même concentrés. Et ce n’est pas la ferveur du Mondial sud-africain qui pourra les distraire même s’ils avouent que « seuls les matchs des Eléphants les auront fait sortir de leur bois sacré ».

Donatien Kangah

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