Franck Stéphane Kpangui est étudiant à l’université de Cocody. Ce samedi 15 mai 2010, débutent les Partiels (examens de fin de 1er semestre) de la licence Droit Public. Au programme, la sociologie politique, une matière dite « redoutée pour sa densité ».
Il quitte la maison très tôt ce matin-là. Sa destination, la « fac’ ». « Je suis arrivé avant 8 heures pour réviser. Je voulais tellement réussir cet examen… », Raconte-t-il. La composition est prévue pour 13 heures 30. Il a du temps.
14 heures. Les étudiants sont déjà installés dans les différents amphithéâtres. Les épreuves, distribuées depuis quelques minutes suscitent dans la salle diverses réactions. « Lorsque j’ai vu le sujet, j’ai compris toute suite que c’était la deuxième session », explique-t-il. En un mouvement qu’il dit « réflexe », il décide de rendre sa copie telle qu’elle. Dans l’amphi D, c’est l’incompréhension. « Que fait-il ?…Il a déjà fini ? Nooon, il abandonne ! », se murmure-t-il dans la salle.
Effectivement, c’est un abandon. A la surprise, des étudiants et surtout des examinateurs qui tentent en vain de l’en dissuader. C’est que KPANGNI – à l’instar d’autres condisciples qui « abandonneront » – n’a pas étudié le chapitre concerné. Il a pris « le risque » de se contenter des derniers chapitres. « J’en étais conscient…j’ai même pensé à ce scénario sans vraiment y avoir cru », dit-il. Le résultat, il est amer. Il le sait et veut l’assumer.
« Ce n’est pas du courage », répond-t-il à ceux de ses compairs qui l’estiment courageux. « Peut-être de l’audace »…Le courage, pour lui devrait être employé à des « fins positives ». Certains le qualifient de philosophe. Ce qu’il admet en partie en citant Clariclès : « Ne demande pas que les choses arrivent comme tu le désires mais désires qu’elles arrivent comme elles arrivent et tu couleras des jours heureux » !
Il ne veut nullement en tirer une quelconque gloire. «Je ne me considère pas en héros ni en leader ! J’ai été impuissant, je me suis résigné. C’est tout ! », tranche-t-il.
Oumou, une autre étudiante, dit le comprendre. Pour cette redoublante, « il ne pouvait réagir autrement puisque les armes lui manquaient. Pourquoi écrire quand on sait qu’on aura la même note si on n’avait pas écrit ?», interroge-t-elle. Même si elle avoue avoir été tentée sans toutefois franchir le pas. Fay Sibi, un autre étudiant reconnaît avoir déjà réagi ainsi. Selon lui, « le temps est très souvent insuffisant pour la densité des matières à étudier ». Ce qui conduit à ces situations. « On se sent acculé, trop stressé ! ». Et pour lui l’ancienneté sur la « fac’ » ne met pas à l’abri de ce risque.
Alors à qui la faute ? Sur la question, tous évitent d’accuser ouvertement le système. KPANGNI lui, s’accuse presqu’exclusivement. « J’ai été négligent et je dois l’assumer en me préparant pour les prochaines compositions », réagit-il. « D’autres sont passés par là et ont réussis. De plus, c’est la 1ère fois que cela m’arrive étant entendu que je n’ai point repris d’année ! », conclut-il.
Donatien Kangah








