De Cocody à Anyama en passant par Adjamé et Abobo, l’on assiste à une guerre sans merci entre les cabines cellulaires (box qui sert à acheter du crédit et passer des communications). Et cela à cause du nombre important des réseaux de communication qui naissent jour après jour.
Cabine cellulaire par-ci cabine cellulaire par là, les rues sont envahies. Une petite caisse, une table avec une chaise et parfois même un simple carton, et la cabine est installée. Un petit coin de la rue, ou un espace quelconque et le business peut commencer. En fin de compte, le consommateur se retrouve au milieu d’une panoplie de cabines cellulaires à des différents carrefours, d’un réseau à un autre, d’une cabine à une autre et même d’un quartier à un autre. Lui offrant ainsi plusieurs opportunités de communication à moindre coût. « Lorsque je dois effectuer un appel, je prends le temps de parcourir les cabines pour voir celle qui est moins chère avant d’y communiquer », explique Mlle Tanoh à Abobo.
Pour les gérants des cabines, c’est la course à la clientèle. Une guerre sans merci qui se traduit par la chute libre des coûts des appels. Voire même une guerre des prix. « Dans toute cette affaire de prix, rien ne s’improvise. Il faut bien réfléchir avant de fixer un prix quelconque. Si vous fixez un prix très bas aujourd’hui et que vous le revoyez à la hausse le lendemain, les clients vous traiteront de malhonnête, de voleur. C’est pour cette raison que moi je m’y hasarde pas. Je fixe la minute d’appel à 100fcfa. Celui qui veut il appelle dans le cas contraire, il peut disposer et faire un tour chez mes voisins », affirme Georges Delli gérant de cabine à Riviera Palmeraie, dans la commune de Cocody.
Les voisins de Georges ont des tarifs plus réduits que les siens. Les raisons qui favorisent ces différents prix sont les mêmes dans tous les quartiers. Odile Goa, gérante de cabine à Anyama quartier maternité, l’explique : « J’ai fixé mes prix d’appel de façon à attirer plus de clients. Je suis prête à augmenter le temps d’appel de 5 mn à 50 f cfa dès que mon voisin fait son prix à 50 f cfa pour 4 mn».
S’il y a la « guerre », c’est aussi parce que les entreprises de téléphonie mobile offrent de nombreuses promotions sur leurs appels. « Les gérants de cabines profitent du fait que par exemple dans une tranche horaire les appels émis entre clients d’un même réseau sont gratuits », indique un employé d’une entreprise de téléphonie. Cet état de fait arrange surtout les clients. Mais finalement, c’est une sorte d’anarchie qui s’empare de l’univers des cabines cellulaires. De plus en plus également, clients se plaignent de la qualité médiocre du réseau. Pour eux « les réseaux sont saturés ».
D’après des informations, il existerait un syndicat des gérants de cabines cellulaires dans la commune de Cocody. Ce syndicat est en réflexion pour une harmonisation des prix en vue de mettre fin à cette guerre de prix. Pour l’heure, les Abidjanais téléphonent à satiété espérant que la « guerre des prix » durera le maximum de temps.
Odet Koutouan








