Carrefour d’Azaguié. Dans le sud du pays. Une animation assez particulière attire les regards du voyageur qui passe par là . Toute une foule est attirée par une odeur de maïs préparé par Aminata Fofana et sœurs. Tous ces voyageurs qui empruntent l’axe Abidjan- Agboville, n’échappent pas à ce qui ressemble à un « rituel »: acheter le maïs de « Amy » (comme on la surnomme).
Ce bon maïs est le produit d’un long travail à la chaîne entre « Amy » et ses soeurs. Une organisation parfaite faite autour des marmites qui jonchent le long du carrefour. Aminata et cinq de ses sœurs se chargent de la cuisson du maïs, pendant que ses trois autres sœurs, elles, proposent le ‘’produit fini’’ à ces voyageurs qu’elles finissent par séduire par leur sens étroit du marketing. ‘« Du bon maïs parfumé, c’est très délicieux et moins cher, tonton (tantie) il faut goutter et tu verras, c’est très bon ». Une phrase qui sonne comme une mélodie bien rythmée des bouches de Kadi, Fatou et Adja, trois sœurs d’Aminata Fofana. Une mélodie qui fait saliver les passants…
Les soeurs Fofana ne sont pas allées à l’école. Et pourtant, leur organisation rime avec sérieux dans le travail et détermination à réussir ce qu’elles entreprennent. « Nous sommes huit filles dans notre famille, et comme notre père n’avait pas assez de moyens pour nous scolariser, j’ai proposé à mes petites sœurs ce métier. Au début, elles ne voulaient pas parce qu’elles trouvaient lassant de rester sous le soleil en train de vendre. Mais par la force des choses, elles ont fini par comprendre qu’elles étaient amenée à se battre. Aujourd’hui elles sont épanouies parce qu’on arrive à subvenir aux besoins de la famille grâce… c’est l’essentiel», se réjouit Amy qui réalise chiffre d’affaire de 10 000 F CFA environ ( 15,24 euros) par jour.
Judy-Kaêl Dahé






