« C’est de la sorcellerie judiciaire », Me Gueu avocat des journalistes

Après plus 4 heures de débats acharnés, de plaidoyers et de défense le verdict du procès sera connu le mercredi : le procès reste en délibéré et les journalistes sont toujours aux mains de la justice. Dès le début du procès les avocats Maîtres Tié Bi et Gueu se sont heurtés à la décision du procureur de juger les journalistes selon le droit pénal pour vol de documents administratifs or au regard du droit de la presse il n’y a pas cas de vol une logique que les avocats soutiennent. Ambiance d’un procès sous stress.

A l’occasion de ce procès très médiatisé par la presse nationale et internationale, l’ambiance du palais de justice était tendue avec un nombre important de journalistes venus soutenir leurs confrères, des blogueurs venus montrer leur attachement à leurs amis, ainsi que des parents et autres personnes attirées par le buzz du procès.

Le procès prévu pour 13 h a commencé avec plus de 2 heures de retard. Les prévenus sont arrivés dans une salle comble et surchauffée. Entre temps le Gouvernement ivoirien par la voix du Ministre Sy Savané (Ministre de la Communication porte parole du gouvernement) s’est prononcé sur le procès. «Pour nous, il s’agit de tout faire pour que les journalistes soient libérés», sans faire perdre la face à l’appareil judiciaire, «c’est notre ligne de conduite», a déclaré le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Ibrahim Sy Savané.

Pour bon nombre d’Ivoiriens, il s’agit ici d’une parodie de justice, un fourre-tout judiciaire marqué par un abus de pouvoir du procureur. Maître Gueu un des avocats à d’ailleurs souligné qualifié le procès de « sorcellerie judiciaire » avec un flou total. On ne sait plus au final ce qu’on reproche aux journalistes : vol, délit de presse, diffamation  ? Pour plusieurs, le procureur doit libérer les prévenus car il n’a rien à leur reprocher.

Depuis le mardi 13 juillet, date de publication du premier article des conclusions judiciaires sur les malversations de la filière café cacao, Théophile Kouamouo et ses collaborateurs Oula Saint Claver et Stéphane Bahi sont aux mains de la justice Ivoirienne. Après leur garde à vue et le refus des journalistes de livrer leurs sources au procureur, ceux-ci avait été déférés à la MACA le vendredi soir.

Suy Kahofi

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