Elles sont quatre et partagent depuis plus de deux mois la même chambre.
Toutes étudiantes ou presque toutes. Donalde – absente lors de notre passage – et Parfaite sont inscrites en année de maîtrise au département d’Histoire. Bernadette prépare, elle aussi, une maîtrise, mais en Philosophie. Félicité, quant à elle, a déjà obtenu son diplôme et recherche ardemment un emploi.
Photo Camille Millerand – Texte Donatien Kangah
A l’origine de ce brassage : la grande opération des admissions et réadmissions en cité « U ». Une opération qu’organise tous les deux ans la direction des logements du Centre Régional des Œuvres Universitaires (CROU). C’est la période de traitement des nombreuses demandes d’admission en cité « U ».
Cette année, Parfaite et Bernadette sont chanceuses quand on sait qu’« il n’est pas aisé d’être admis en cité ». Elles se verront ainsi attribuer chacune le numéro 188 du Bâtiment D de Mermoz. A Mermoz, c’est ainsi. Les chambres sont prévues pour recevoir deux personnes. C’est donc le premier contact en les deux co-locatrices. Suivront Donalde et Félicité, leurs « sœurs ».
Après leur admission en cité, elles ont décidé, chacune de faire appel à leurs amies. Ainsi, Parfaite et Donalde partagent-elles le même lit ; Bernadette et Félicité de même. Dans cette pièce d’environ 30 m2, elles n’ont pas l’air d’étouffer. Elles ont réussi à s’adapter au point qu’elles ne rentrent pratiquement plus en famille.
Pour ces filles néanmoins, le quotidien en résidence universitaire reste « pénible ». « Surtout le côté financier », insiste Félicité qui paraît la plus ancienne sur les lieux. En effet, elle y vit de façon régulière depuis 2005. «Cela est d’autant plus difficile car en cité, il faut tout acheter. Le savon, la nourriture…», renchérit Parfaite.
« C’est pourquoi chacune a au moins une activité qui lui permet de tenir », explique Bernadette. « Nous vendons des jus de fruit, de la glace, du parfum, du papier hygiénique, du javel. Moi particulièrement, je donne aussi des cours à domiciles (CD) », poursuit-elle.
Elles s’accrochent tant bien que mal même si elles n’envisagent pas s’éterniser. « En cité, on apprend à être indépendant, à gérer ce qu’on gagne…à affronter la vie », répond Félicité quand on lui demande ce qu’elle retient de son passage à Mermoz. Les autres sont du même avis. « On apprend aussi à connaître l’autre », ajoute Bernadette.
Aujourd’hui, vivre à quatre comme ces filles, dans une pièce prévue pour deux, est un fait courant sur les campus ivoirien. On peut y rencontrer des chambres de six, huit voire plus (en général chez les garçons).










Courage les fille.
ps: Belles photos