Les ‘ »GNAMBOROS » adulés et contestés par les Abidjanais

Les gnamboros sont omniprésents sur les gares routières abidjanaises

Ils arrivent sur les gares routières autour de 6 h 30 et commencent à travailler dans un espace qu’ils partagent avec plusieurs autres confrères. Leur profession consiste à rassembler des clients pour les chauffeurs de wôrô-wôrô et les gbakas. Les » GNAMBOROS  »puisque c’est d’eux qu’il s’agit, sont, sur les gares routières, taxés de tous les maux. En constante altercation avec les apprentis gbaka, traités de toxico par les clients et pourchassés par les syndicats de transporteurs, ils sont omniprésents sur les principales artères de la capitale et gagnent leur vie en hurlant à tue-tête du matin jusqu’au soir.

« Abobo tantie ! A la gare ma chérie vient ! Yopougon vous allez monsieur ? Liberté grande sœur ! » Ces propos ou plutôt ces cris sont ceux d’Abou ‘’bandit’’ et de ses amis Tino, Cash et Sylvain. Chaque jour ils se rassemblent à la gare d’Adjamé-Liberté pour glaner des sous. Ils sont des  »GNAMBOROS », des jeunes gens dont le job consiste à réunir des clients pour les nombreux véhicules qui vont et viennent. A chaque chargement ou en fonction du nombre de clients qu’ils ramènent, ils reçoivent entre 100 et 200 f CFA. Ils organisent les rangs et font monter les clients en fonction de l’ordre d’arrivée. « Pour nous qui ne pouvons pas jouer des coudes ces jeunes gens nous sont utiles car ils organisent correctement les départs. J’imagine la zizanie sur les gare s’ils n’étaient pas présents » affirme N’dri Fulbert avant de conclure « ils aident les personnes âgées à monter dans les véhicules, portent leurs colis et les orientent en cas de doute ». Dans la forme les  »GNAMBOROS » sont donc utiles au transport mais dans le fond d’énormes problèmes sont liés à leur présence. Les chauffeurs reprochent à ces derniers de retarder leur travail. « Ils passent tout leur temps à se shooter à la colle et à se barrager avec nos apprentis. Pour 50 f ils immobilisent le véhicule pendant 5 à 10 mn » affirme Malick chauffeur de gbaka, énervé.

Du côté des  »gnamboros » on ne voit pas les choses sous le même angle. « Nous on se promène pour chercher les clients et les apprentis refusent de nous donner notre argent. Celui qui travaille doit avoir son argent ! S’ils refusent de nous payer ça peut déboucher sur des bagarres mais ce n’est pas tous les jours » soutient Sylvain.

La présence des  »gnamboros » est aussi contestée par bon nombre d’abidjanais. « Ils ne servent à rien ,ce sont des petits voyous ! Ils s’associent pour voler les sacs des femmes et pour ne pas se faire prendre ils jouent aux  » gnamboros  »» souligne Souleymane Sy, restaurateur. En effet, les vols de sacs à main et les violences sur les passants sont mis à tord ou à raison à l’actif des « gnamboros ». « Ils ne sont pas tous mauvais mais je reconnais qu’il y a de mauvaises graines. J’ai été « gnamboro » avant de passer mon permis de conduire. Certains arrivent à sortir de la rue grâce à ce travail ;d’autres par contre épuisent leurs sous dans la drogue » souligne Bêman, chauffeur de wôrô-wôrô.

Suy Kahofi

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