Le rapprochement de deux grandes entités du monde numérique bouleverse l’environnement économique de la Côte d’Ivoire à un haut degré. La téléphonie mobile et la banque, puisque c’est d’eux qu’il s’agit, se sont mêlés dans la configuration de nouveaux services hybrides, dans l’intention de proposer des moyens de paiement alternatifs à la manipulation du cash et la saisie de coordonnées bancaires.
Par Manassé DEHE
A un moment où le téléphone portable a été déclaré comme « le messie de l’Afrique », où le paiement par chèque apparaît déjà vétuste, le m-payment fixe ses racines dans le pays. Cependant sa justification reposera sur la réponse à 3 questions :
-Quelles sont les conditions d’émergence de ce modèle ? ( la question de la nouveauté)
-Quelles sont les formes concrètes de ce modèle ? (La question de l’unicité du modèle)
- Quelles sont les évolutions probables/prévisibles ? (La question de l’exemplarité/ pérennité du modèle
Le m-payment désigne le paiement d’un produit ou service par le biais d’un terminal de paiement mobile, généralement un téléphone portable ou un PDA. On y regroupe également toute transaction financière se faisant avec l’aide d’un téléphone portable. Le m-payment en Côte d’Ivoire est le fruit d’une nouvelle culture économique fondée sur les principes d’accélération, de dé-matérialisation et d’informatisation des échanges. Sans oublier la« promesse d’intégration » technologique faites par de néo-entrepreneurs . La mission de ces derniers est de faire de toutes ces ambitions une stratégie, conditionnée par des contraintes matérielles d’ordres financier et juridique. Cela a eu pour conséquences l’établissement de multiples services de paiement par mobile dans notre pays. Nous allons jeter un coup d’œil aux deux modèles présent à l’heure actuelle en Côte d’Ivoire.
Les entreprises n’ont pas eu tort d’investir dans le service de M-banking, au vu de son enjeu économique dans le contexte présent du pays. Le taux de bancarisation est de 5% tandis que le pays connaît un taux de croissance très élevé pour le secteur des mobiles. Cette situation rend propice l’accès grâce à la téléphonie mobile à des services financiers plus larges comme un compte en banque ou le transfert d’argent entre compte. Pour l’instant et comme tout nouveau service il n’a pas encore été établit un modèle-type de système de m-banking, chaque société choisissant son fonctionnement selon ses contraintes. Toutefois la collaboration gagnant-gagnant reste le facteur commun.
Les banques développant leur activité font actuellement toujours appel à un opérateur de téléphonie mobile couvrant une partie du territoire, car elles n’ont pas les outils pour développer elles-mêmes un réseau de téléphonie. De même, les opérateurs souhaitant augmenter leur offre par une activité de m-banking ont jusqu’à présent tendance à faire appel à une banque afin de gérer l’aspect financier et bancaire, bien que certains développent eux-mêmes leur système bancaire. Travailler en collaboration avec une banque permet à l’opérateur d’éviter les tracasseries bancaires et de profiter des installations de celle-ci, comme les cartes de débit, qui offrent une très large gamme de choix et de services dans un marché où cartes de crédits et distributeurs automatiques sont répandus. L’accès à ses différentes méthodes de paiement se fait, selon les services, par échange de SMS surtaxés, ou à l’aide d’un menu de navigation dynamique intégré au téléphone portable (applet Java) et qui sert d’interface aux clients.
A Abidjan on retrouve un des plus importants niveaux d’innovation technologique réalisé dans ce service: la nécessité d’ une passerelle pour connecter deux entités de natures différentes (systèmes mobiles et systèmes bancaire). La convergence Banque et Mobile n’est rendue possible que par ces Switch, comme eTranzact.
eTranzact est un account Manager (régisseur du système) qui gère la connexion et la solution de paiement entre l’opérateur, la banque et le fournisseur de contenu. Le secteur bancaire nigérian qui est l’un des plus dynamiques du continent favorise l’émergence d’une nouvelle catégorie d’entrepreneurs mobiles et crée des emplois. Fonctionnant depuis plus de cinq ans au Nigéria, eTranzact est en Côte d’Ivoire une plate forme de paiement électronique multifonction entièrement indépendante. Son siège est en Angleterre avec déjà plus de 06 filiales en Afrique. La plate forme fournit des applications de m-paiement à partir d’un compte bancaire. La carte bancaire eTranzact, émise par une banque connectée à la plate-forme, a la particularité d’être combinée au téléphone mobile. Le cash disponible sur la carte bancaire est aussi disponible sur le téléphone mobile par le biais d’un menu téléchargé. Chaque paiement effectué à partir d’un téléphone mobile tire sa provision de la carte bancaire associée.
Un code identifiant de 16 chiffres ainsi qu’un code pin de 04 chiffres sont associés à toute carte bancaire eTranzact. En somme, les clients de eTranzact ce sont les banques et les opérateurs mobiles à qui ils permettent d’intégrer une solution de paiement mobile dans leurs offres.
Cette solution de paiement mobile permet de payer ses achats (crédit téléphonique, places de spectacles, CD, pharmacies, stations services, boissons, supermarchés, gaz, électricité, loyers) chez les commerçants équipés du terminal ad hoc, avec la mention «carte eTranzact acceptée ici ». Cette solution donne aussi la possibilité de transférer de l’argent à un autre détenteur de carte bancaire eTranzact et de vérifier le solde de sa carte bancaire eTranzact.
Puis nous retrouvons sur le térritoire ivoirien, le modèle transformatif dans lequel le produit cible les personnes qui n’ont pas de compte en banque : Style Orange money liée à la Bicici et MTN Money/SGBCI
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