A 11 ans, il est déjà un as dans son domaine*

Bakus en train de héler la clientèle, sur la rue principale du marché

Grand marché de San-Pedro, samedi 13 août 2011. Il est 10h. C’est jour de marché. L’artère principale qui traverse le marché est bondée de monde. A voir la disposition des étalages sur cette chaussée pavée, on imagine difficilement que c’est une voie réservée à la circulation des véhicules. Ce sont les passants et les vendeurs qui ont la priorité sur les véhicules, dont les chauffeurs sont obligés d’user de patience pour ne pas renverser quelqu’un à leur passage.

Dans cet immense tohu-bohu, une voix perçante attire l’attention de la clientèle. Un jeune enfant crie à tue-tête pour héler les clients. Il s’agit de Bakus, un petit vendeur d’ignames. Il travaille avec son grand frère qui est le gestionnaire de l’étalage. Il est principalement chargé d’accueillir et de présenter les produits et les prix aux clients potentiels.

A 11 ans, c’est déjà un as dans son domaine. Il connait sur le bout des doigts toutes les variétés d’ignames vendues dans l’étalage.

« Les tas ici sont à 1000 FCFA et ceux-là c’est 500 FCFA », me dit ce garçonnet avec empressement, alors que je m’apprêtais à lui demander d’appeler quelqu’un de plus avisé.

Mais l’admiration pour ce petit vendeur me gagna lorsque celui-ci me fit un brillant exposé sur la qualité de son produit.

« Y’a de très bonnes ignames pour le foutou, ici c’est du « kponan », très bon en bouillie et aussi en foutou. Le tas là bas, c’est très bon pour le ragoût d’igname. Je dois bientôt aller chercher la nouvelle commande de « florido » qui manque un peu actuellement », ajoute t-il avec assurance.

Bakus à la sortie de l'étalage d'ignames

Etonnant à son jeune âge, Bakus intervient déjà dans la chaîne d’approvisionnement de l’étalage. Sa maîtrise pour cette spéculation n’est plus à démontrer. Au point que son grand frère le laisse même gérer l’étalage quelque fois tout seul.

« Quand mon frère a des occupations ou est en voyage pour acheter les produits, je vends tout seul. Je n’ai jamais eu de problème dans les comptes malgré le fait que je ne suis pas allé à l’école », lance t-il fièrement.

Depuis maintenant 3 ans, Bakus aide son frère dans ses activités. C’est auprès de lui qu’il a tout appris. Nul doute que son avenir de futur grand commerçant est déjà tout tracé.

Jacques KIRIOUA

* Publié la 1ère fois le : 29 août 2011 à 11 h 35 min

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