Contentieux électoral: Abengourou paralysé par une marche

des manisfestants dans la rue

Par ici, des bruits de moteurs assourdissants, des véhicules roulant à vive allure sur des rues désertes en pleine ville, des agents de l’ordre armes au poing. Par là, des chants, des cris, des personnes en colère, des manifestants qui tentent péniblement de contenir une poignée d’agents des Forces de Défense et de Sécurité.

La ville d’Abengourou, ce jour, peu après le levé du soleil, semble se vider de sa population. Une marche inattendue et presqu’improvisée est à l’origine de la paralysie de la capitale du Moyen-Comoé. Les premiers témoignages indiquent qu’un parti de l’opposition est à l’origine du mouvement.

Information démentie par le premier responsable régional de la jeunesse de ce parti. Joint au téléphone BAH Abdoulaye affirme que cette action ne concerte pas son parti. D’ailleurs, il dénonce le caractère improvisé et inorganisé de la marche qui a paralysé la ville toute la matinée. «En tant que premier responsable de la jeunesse de ce parti dans le département, je n’étais pas sur les lieux et j’ai été informé comme tout le monde » soutient t-il.

Personne pour l’instant ne semble revendiquer la paternité de cette marche. Toutefois, selon nos sources, les manifestants veulent à travers cette marche exiger la réintégration sur la liste électorale provisoire de plus de 1 900 personnes radiées dans le département.

Très mécontent, un manifestant affirme : « je veux savoir pourquoi, nous sommes radiés de la liste électorale. Je veux savoir qui nous a radié et pourquoi personne ne veut nous entendre aussi ». Des propos qui en disent long sur les intentions des manifestants. Au tribunal de première instance d’Abengourou, lieu de départ de la manifestation, c’est le silence. Motif: les magistrats sont en vacance.

Le bilan de cette triste journée fait état de deux personnes bastonnées et une mobylette calcinée par les manifestants. Par ailleurs, on enregistre aucune perte en vie humaine du coté des manifestants comme au sein de la population.

Il n’en demeure pas moins que la psychose sur la reprise de la marche persiste encore. La vie quant à elle reprend timidement son cours normal dans une ville reconnue pour la parfaite cohésion de sa population.

Yssouf OUATTARA, Abengourou

Credit photo: kara2009.blog.fr

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