A contrario des occidentaux qui se caractérisent par une froideur dans les relations humaines et par une hypocrisie souriante ou le chacun pour soi entre voisins d’un même quartier, habitants d’une ville ou d’un village, les africains sont connus et reconnus pour leur solidarité légendaire. Solidarité qui se traduit par une assistance mutuelle entre les membres d’une communauté ethnique, religieuse ou sociale.
Cette solidarité s’exporte au delà des frontières de chaque pays. Pour aller se manifester chez le voisin. Qui ne se souvient pas de l’élan de solidarité des cadres africains envers la république sœur de la Guinée-Conakry qui faisait face au départ précipité et massif des coopérants français suite à la demande de leur gouvernement qui entendait par cette action sanctionnée ce pays pour avoir osé dire non à la communauté franco-africaine que le Général De Gaulle proposait aux pays d’Afrique noire francophone.
C’était le 28 septembre 1958. L’ivoirien Harris Memel Fôté, fut l’un de ces dignes cadres d’africains qui ont évité à ce pays frère et ami, le chaos que les français attendaient ou espéraient. Honneur et gloire à tous ces héros de la solidarité africaine.
Y a -t-il encore des gens qui ne se souviennent pas de l’intervention du premier Président de la Cote d’Ivoire Feu Félix Houphouët Boigny dans la guerre entre le Burkina Faso et le Mali ? Un conflit dénommé la guerre des pauvres. Cette intervention mémorable a permis de sauver des vies humaines et aussi d’économiser les maigres revenus de ces pays qui n’ont pas été gâtés par la nature. La solidarité n’est pas un vain mot. Mais un comportement, pour paraphraser une célèbre pensée de cet illustre apôtre du dialogue.
Mais que constate-t-on aujourd’hui? Cette solidarité semble s’appliquer à géométrie variable. Car à l’instar des pays suscités, qui à un moment donné de leur histoire ont connu des crises majeures, la Côte d’Ivoire est confrontée depuis plusieurs années à une crise sans précédent.
Et là où on s’attendait à ce que cette solidarité si chère aux africains puisse se manifester à l’égard de ce pays phare de la sous-région ouest africaine, c’est plutôt une coalition qui se met en place contre la Côte d’Ivoire. Pour dit-on une intervention militaire en vue de faire respecter la volonté du peuple qui s’est manifestée à travers les urnes le dimanche28 Novembre 2010.
Sans oublier les manigances et autres obstructions au sein des institutions sous-régionales, notamment la BCEAO (banque centrale des états de l’Afrique de l’ouest), l’UMEOA (union monétaire économique ouest-africaine) et la CEDEAO (communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest) manipulées à des fins politiciennes. Ces institutions s’écartent progressivement de leur mission première c’est-à-dire le renforcement de la solidarité entre Etats membres.
La Côte d’Ivoire a beaucoup donné à la sous-région. Elle ne mérite pas un tel traitement de la part de ses voisins. Et cette crise ivoirio-ivoirienne dont les conséquences économiques sont déjà ressenties dans certains Etats voisins, doit être jugulée avec l’effort de tous. Y compris celui de ces pays frères. Tout le monde y a intérêt.
FREDERIC GORE BI









