Voyants verts pour les coupeurs de routes sur la côtière!

Dégradation avancée de la côtière qui a progressivement perdu son bitume

Mercredi 01 juin, il est 21h. Un véhicule 4×4 à vive allure fait des jeux de phares aux véhicules allant dans le sens de San-Pédro. Les passagers des transports en commun sont pris de panique. Certains craignent la reprise des combats entre les forces républicaines et les mercenaires disséminés dans la zone.

Pas besoins de plus de précision, les chauffeurs préfèrent rebrousser chemin vers Sassandra. Une file de voitures en partance pour San-Pédro se retrouve ainsi parquée au corridor de Sassandra.

Arrivés à Sassandra, les voyageurs sont enfin informés de la situation qui prévaut. C’est la présence de coupeurs de routes sur le tronçon qui a créé tout cet émoi. Alerté, un contingent des forces républicaines est déjà parti en intervention.

« Nous avons reçu un appel qui nous signifiait la présence d’hommes armés vers Zinzinkro, village situé à environ 35 km de San-Pédro. Nos agents sont déjà en intervention et le trafic pourra reprendre d’ici peu. Nous allons aussi mettre une escorte à disposition », explique le chef de corridor.

Comme promis, un contingent des forces républicaines s’apprête à escorter les véhicules sur tout le tronçon jusqu’à San-Pédro. Mais pour certains voyageurs, c’est la fin du voyage.

« Je vais dormir ici et reprendre la route demain matin. Je préfère jouer la prudence », lance un voyageur.

Pour d’autres, par contre il faut obligatoirement partir.

« Je ne me suis pas préparé pour dormir ici. En plus si les forces républicaines nous escortent, je pense qu’il n’y a pas de problème, car j’ai un important atelier de formation demain à San-Pédro », soutient Bouadou Ballet, un agent de coopérative.

« Tous les voyants sont au vert pour les coupeurs de routes sur ce secteur. Ces derniers profitent des failles créées par la situation socio-politique qu’a connu le pays et surtout de la dégradation avancée du tronçon accentuée par l’arrivée de la saison des pluies. Les véhicules bas peuvent même noyer leurs moteurs dans ces immenses flaques d’eau », soutient un habitant de Sassandra.

Depuis quelques temps déjà, le retour de ces malfrats sur la côtière s’est rependu comme une trainée de poudre dans les villages environnants. D’aucuns incriminent même, à tord ou à raison, des éléments incontrôlés des nouvelles forces en place.

Deux heures plus tard, ce sont des voyageurs exténués mais heureux qui rentrent à San-Pédro sous bonne escorte, tout en se jurant de ne plus emprunter les départs tardifs pour les villes de la côtière.

Jacques KIRIOUA

Publié la 1ère fois le : 10 juin 2011 à 9 h 41 min

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