10/10/2010 / Donatien Kangah

Zoukougbeu (35 kilomètres à l’Ouest de Daloa) se trouve dans une zone propice à la contraction de l’ulcère de Buruli. D’ailleurs, c’est sous le nom de ”plaie de Zoukougbeu” qu’on identifie la maladie dans la région.
C’est une maladie infectieuse qui aboutit à de vastes délabrements cutanés chroniques provoqués par le Mycobacterium ulcerans, une bactérie. Elle est liée à l’eau. En effet, les foyers sont situés près des marais, lacs ,cours d’eau et autres terrains inondables ou irrigués. Ces conditions environnementales jouent un rôle majeur dans l’éclosion de la maladie; elles créent des zones faiblement drainées, propices au développement du germe. Aussi, une  prise en charge locale des malades a-t-elle été mise sur pied.
Les malades sont internés au Centre Saint Michel de la ville. La durée du traitement varie entre 4 et 8 mois, parfois plus.

S. M., 15 ans, est  interné depuis avril 2009. Originaire d’un village du département de Zoukougbeu, il était scolarisé en CM2, avant d’être atteint par la maladie au flan droit. Depuis, sa vie au centre se résume à des soins quotidiens, des opérations, des transfusions de sang, etc. Il se déplace toujours avec un ”quatre-pieds”, car il ne peut  marcher tout seul. Quand ça ne va pas, il passe ses journées sur son lit; quand ça va un peu mieux, il se déplace jusque sous le hangar où se regroupent les malades,  et  quand ça va vraiment bien, il vient à la classe les après-midi, où il démontre un réel intérêt pour les mathématiques. Souvent, il anime aussi les séances musicales en jouant du tam-tam à la façon des Niaboua (ethnie de la région).

Selon le responsable, le centre Saint Michel a pu traiter depuis sa création 298 cas, preuve que les gens fréquentent ce centre. « Quand je venais avec mon enfant ici, on a d’abord pensé à une plaie banale et puis c’est devenu sérieux. Mais les médicaments que l’infirmier donne, nous font du bien. Maintenant mon fils marche sans problème…», déclare soulagée une parente de malades. Pour l’infirmier, de nombreux progrès ont été accomplis de 2004 à 2010. « Les antibiotiques que nous administrons aux malades révolutionnent le traitement », confie-t-il fièrement. L’ulcère de Buruli est mieux connu aujourd’hui et les nouvelles mesures de sensibilisation ainsi que les efforts pour mobiliser des ressources peuvent être facilités. Et ce, grâce à l’intérêt croissant pour la lutte contre les maladies tropicales négligées.

Mamadou SOUMAHORO, Daloa