Dame N’Guessan, une vie perlée de (sa) passion*

Des colliers fait à la main

Petite rétro avec cette cette mère perlée.

Assise à sa table de travail, madame N’GUESSAN née DIBY, s’active patiemment à la confection de ses colliers de perles. Avec une minutie et une application peu commune, elle enfile ses perles. Peu à peu des formes se dessinent, les couleurs se touchent se mélangent, se marient.

Elles  finissent par donner des œuvres d’une inspiration nouvelle. C’est que pour cette institutrice de formation, faire des colliers de perles relève de la passion. En témoigne ses 19 ans d’expérience et de pratique. Autant que la célébrité de son art auprès de ses clientes.

Une inspiration partie de rien

Tout commence à Abengourou en 1991 alors que sa fille Modja Désirée, n’est encore qu’un nourrisson.  C’est cette dernière qui va révéler l’inspiration cachée. En effet, cette dernière, alors qu’elle se fait allaiter, va casser le collier de perles à trois rangées que portait sa mère.

«On disait de moi que j’avais un beau cou. A cet effet j’aimais le mettre en valeur avec des colliers de perles, plus originaux contrairement à ceux en or plus couteux et convoités par les brigands. Par ailleurs  je tenais beaucoup à ce collier», se souvient-elle.

Dame N’Guessan va s’atteler à réparer ledit collier.

«J’ai donc dessiné une maquette à partir de laquelle j’ai travaillé», explique-t-elle encore.

Elle innove cependant, en reconstituant le collier avec seulement deux rangées. La troisième et la médaille ayant servit la confection d’un autre. C’est ce dernier qui va provoquer le déclic. Ses collègues et amies  émerveillées par son talent, lui en commanderont.

Une passion qui évolue lentement

Pour satisfaire sa clientèle et se faire elle-même belle, dame N’GUESSAN se fournit en perles par l’intermédiaire d’un vendeur de pagnes qui se rend souvent à la capitale. Devant se rendre  à une grande fête avec des officiels, « l’artiste » va s’atteler toute la nuit à confectionner un collier assortit à sa tenue. C’est peine perdue.  Mais la chance va lui sourire.  Son fournisseur  est arrivé avec des perles nouvelles. Rapidement elle confectionne le collier désiré et se rend à la fête. L’effet ne se fait pas attendre. Elle reçoit 40 commandes sur le champ. C’est le déclic !

dame N’GUESSAN et ses filles Modja (à gauche) et Sandrine

«L’activité se porte bien»

Depuis cet événement dame N’GUESSAN ne cesse de confectionner des colliers d’inspiration diverses pour la plus grande joie des femmes.

«L’activité se porte bien», confie-t-elle.

Depuis aussi, les choses ont beaucoup évoluées. L’institutrice est devenue conseillère pédagogique de direction au ministère de l’éducation nationale.

Ses filles l’aident aujourd’hui dans la confection de ses œuvres.

« C’est devenu un travail familial», se réjouit-t-elle.

Ses œuvres se vendent aussi bien ici que dans certains pays de la sous région. Ce qui justifie le grand travail de recherche effectué.

«C’est tout un art. Il m’arrive de créer moi-même des colliers de toutes  pièces ou de retravailler un ancien collier de pacotille avec de la vraie matière», relate-t-elle.

C’est dire qu’elle met un point d’honneur à livrer du travail de qualité. Et ça paye !

«Je travaille selon les commandes qui peuvent aller jusqu’à plus d’une trentaine par semaine. Je dois alors veiller pendant des heures la nuit pour les honorer», confie la mère de famille.

Il lui arrive même de penser à l’ouverture d’un magasin spécialisé en la matière.

«J’y réfléchit encore. Car jusqu’ici tout ça n’a été qu’une activité annexe pour moi. Mais vu le tournant que prennent les choses cette possibilité n’est pas à écarter», avoue-t-elle.

Roland N’Dekploman

* Publié la 1ère fois le : 28 janvier 2010 à 20 h 28 min

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