Danané en proie à la prostitution

Une prostitué devant son lieu de "travail"

De tous les maux laissés par la guerre dans les différentes villes  de la Côte d’Ivoire, celui qui semble prendre le dessus dans la ville de Danané (ouest), reste la prostitution.

En effet, selon tous les sondages des ONG (Organisations Non Gouvernementales), et organes étatiques en charge de ce domaine, tous les rapports sont les mêmes. Plus de 80% des jeunes filles de Danané s’adonnent d’une manière ou d’une autre à cette activité. Prostitution professionnelle dans les hôtels, Bars ou résidences privées, carnet d’adresse comportant des photos laissées par des filles dans les hôtels pour des services occasionnels et même accumulation des hommes par certaines filles.

Le sujet est très sensible, mais la majorité des filles de plus en plus jeunes et même mineures sont encrées dans la prostitution. Souvent pour subvenir aux dépenses quotidiennes, assurer le loyer, soutenir la famille en difficulté, s’acheter des vêtements, se procurer de l’argent de poche ou même  par attirance du luxe. Elles sont de plus en plus nombreuses dans le commerce du corps.

15 minutes dans un hôtel ou Bar climatisé de la ville de Danané suffisent pour détecter ces filles du métier.  Vêtements légers, petites culottes ou robes, port de tissages ou mèches extravagantes, interpellation des hommes de passage, danses excitantes sur les pistes des bars.

L’une des couches les plus affectées dans cette ville par ce phénomène reste les filles élèves. Elles se distinguent pour la grande partie par leur âge,  leur méthode et se font appeler « petits modèles ». Elles se retrouvent généralement en compagnie des personnes plus âgées qu’elles appellent soit Tonton soit Monsieur, généralement des personnes issues du milieu éducatif.

Chaque quartier de Danané  a un lieu de référence pour ces filles et elles se donnent des appellations qui permettent de se retrouver. En plus des « petits modèles », une autre tranche composée des filles commerçantes se distinguent de plus en plus et ont pour quartier général le rond point du petit marché au quartier dioulabougou de Danané. Là-bas deux groupes se distinguent. Le groupe « tapé dos » et le « gbongni yô yô yô ». Quelques unes d’entre elles se cachent derrière les petits commerces et reçoivent en ces lieux les autres membres de leur groupe. « Pourvu que tu aies un peu d’argent pour que tu les aies toutes comme copines », déclare un jeune mécanicien rencontré dans ce quartier.

Elles organisent par moment des soirées dans les boites de nuit de la ville qu’elles intitulent à l’initiale du Nom de leur groupe pour se faire voir des gens. Certaines de ces filles s’adonnent corps et âme à ce métier passant du petit commerce ambulant à une chambre d’hôtel ou plutôt celle de leur client.

Au quartier commerce de la ville de Danané, un hôtel situé au quartier « cailloux », sert de lieu de retrouvailles  à un autre groupe. Une nourrisse que nous avons rencontrée dans ce lieu affirme « je me nourrie et prends soin de mon Bébé de 7 mois grâce à cela ». Dans le quartier populaire de « gningleu » non loin de l’ancienne gare routière, se trouve l’un des plus grands site de la ville. Des filles âgées, pour la majorité, de moins de 20 ans s’y retrouvent chaque soirée. Pour témoigner de l’ampleur du phénomène dans la ville de Danané, un agent des nations unies basé dans la ville a pu dire « à Danané les femmes coûtent moins cher qu’une bière* ».

Achille Ouango KOUAMIN, Danané

*le prix d’une bière est de 1000 francs

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