Des étudiants prennent un enseignant en otage

une entrée de l'université de cocody

une entrée de l'université de cocody

22 heures. Samedi 19 décembre. Docteur Kouassi, professeur de philosophie à l’université d’Abidjan cocody se fait agresser dans l’enceinte même de l’université. Ses agresseurs, trois étudiants, évoquent comme motif la grève à n’en point finir des enseignants du supérieur.

En effet, depuis un mois les enseignants du supérieur ont lancé un mot d’ordre de grève. Ils revendiquent le payement de leurs primes de recherche du premier semestre de l’année 2009. L’université s’en est trouvée paralysée depuis. «Cela fait un mois que nous ne faisons plus cours», explique Abel Kouamé, étudiant en langues étrangères. Face aux nombreux appels restés sans succès, la Fesci (Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire, principal syndicat) a décidé de riposter. 350 000 francs CFA (environ 540 euros) ! C’est l’amende que doit payer tout professeur qui tombe entre les mains du syndicat.

Docteur Kouassi en a fait la douloureuse expérience. Alors qu’il va à son bureau récupérer des documents, il est pris à parti sur le parking même de la présidence de l’université. Après avoir décliné son identité, ses agresseurs lui commandent de descendre de sa voiture. Ils lui réclament alors le montant de l’amende. «Ils m’ont menacé de m’envoyer dans leur quartier général si je n’obtempérais pas», confie la victime. «Et quand on sait ce dont est capable la FESCI quand on ne lui obéit pas», prévient l’enseignant l’air encore effrayé. N’ayant pas la somme demandée, l’enseignant est délesté de ses trois téléphones portables et d’une certaine somme d’argent. «Ils ont même arraché le portable d’une dame qui passait par-là», ajoute –t-il. «On vous a assez demandé pardon», lance un des agresseurs. Après avoir accompli leur forfait, les « fescistes » s’en vont. Le message est clair : «tant que durera cette grève les enseignants devront se soumettre à l’amende imposée», exige un étudiant membre de la Fesci.

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