Le récent passage des agents du bureau régional du BURIDA (Bureau Ivoirien du Droit d’Auteur) a crée une secousse au sein des artisans du son. En effet les disquaires et tenanciers de débits de boisson sonorisés sont de plus en plus déçus de la passivité des agents de cette organisation vis-à-vis des clandestins.
Au fur et à mesure que j’échange avec Jean Claude, il est visiblement gagné par une certaine indignation. Comme la majorité des disquaires de la ville, il refuse d’accepter cette situation embarrassante dans laquelle lui et les sien se retrouvent. « Les agents du BURIDA font semblant de ne pas voir ces jeunes revendeurs de CD piratés, les particuliers qui dissimulent leurs sonorisations à leurs domiciles et les clubs de transfert de son », affirme Jean Claude. « Nous payons des droits pour vivre de ce métier et d’autres nous font une concurrence déloyale. Nous ne refusons pas de payer mais le BURIDA doit appliquer la loi pour les fraudeurs ».
L’univers des clandestins
Toute personne qui diffuse ou duplique une œuvre discographique quelqu’en soit le but doit en retour payer des taxes au BURIDA. Pourtant dans la pratique les choses sont bien différentes : il y a ceux qui payent et ceux qui semblent se soustraire à cette règle. En effet l’univers des ‘’clandestins du son’’ à Dimbokro se compose de ceux qui gravent et transfèrent la musique et des privés qui possèdent une sonorisation qu’ils mettent en location. Ces deux groupes de personnes ne payent aucun droit au BURIDA mais vivent tranquillement de leur activité.
Lorsque nous analysons la situation, nous nous rendons compte que ces derniers ‘’vivent du pain’’ des Disquaires qui eux payent des droits pour l’exploitation de toutes les œuvres dont ils disposent. « La majorité de mes CD viennent des Cités Universitaires. Nos ‘’Viés pères’’ nous font venir pour les vendre sur le marché », confie un jeune revendeur. Mais à la question de savoir s’il paye des droits au BURIDA sa réponse semble confirmer les inquiétudes des disquaires : « On s’arrange avec eux ! ».
La lutte s’organise
Pour lutter contre ces clandestins, les disquaires s’organisent et traquent tous ceux qui mettent en location des sonorisations sans payer de taxe. Ils les dénoncent au BURIDA et des descentes surprises permettent de les épingler de temps à autre. « Nous travaillons », affirme un agent du BURIDA sous couvert de l’anonymat. « Nous demandons aux populations de dénoncer sans peur tous les fraudeurs et autres trafiquants car le problème de la piraterie c’est l’affaire de tout le monde ». Les disquaires de leur côté demandent l’application de peines exemplaires envers les fraudeurs et une meilleure implication du BURIDA car il en va de la survie de toute une corporation.
Suy Kahofi









