Dimbokro (est de la Côte d’Ivoire). 16 juin 2006. Une épaisse colonne de fumée s’élève sur la cité du bonheur partagé. Dès les premiers instants on croit qu’il s’agit d’un tas d’ordure en feu. Mais, très rapidement on se rend compte que le marché est en train cramer. Depuis la fermeture de l’usine UTEXTI, le marché est resté le seul pourvoyeur de recette pour la mairie. De nombreuses familles ne vivent que grâce aux fruits du commerce des mamans qui pour la plupart soutiennent des maris sans emplois.
L’évènement est si tragique que le jour du sinistre les habitants de la ville retrouvent le docteur N’zi N’guessan Gabriel, en pleur. Pour lui qui est maire de la commune « il est difficile de voir « son » marché partir en fumée ». Au lendemain de l’incendie la priorité est à la réinstallation des commerçants sur les espaces annexes du marché, l’ouverture d’une enquête pour découvrir l’origine du sinistre et les tractations pour le reconstruire.
Mais après 4 ans, le marché de Dimbokro n’a pas encore été reconstruit. Aucun signe ne montre également qu’il le sera . Le Président de la République, lors de son passage à l’occasion de l’inauguration de l’hôtel du Conseil Général avait pourtant offert 100 millions aux commerçants pour les soulager. Certains croyaient ici que cet argent aurait pu servir au démarrage des travaux de réfection du marché. Rien n’a été fait et nul trace de cet argent dans le bas peuple si l’on s’en tient aux déclarations des commerçants.
Les experts mandatés pour estimer les dégâts avaient pourtant assurés que la qualité des matériaux utilisés dans la construction du marché avaient permis aux murs de béton de tenir. Une reconstruction rapide pouvait donc assurer une meilleure conservation des structures d’origine.
Malheureusement en 4 ans, l’eau de pluie s’est sérieusement infiltrée dans les murs dont les épais revêtements tombent jour après jour. L’étage supérieur du marché est la zone la plus touchée et pourtant en dessous le marché continue de vivre : les vendeurs et les commerçants sont présents. Doit-on craindre un affaissement des murs ? La vie des citoyens est-elle en danger ? La municipalité se préoccupe t’elle encore de ce marché ?
Les commerçants attendent des réponses . Car ceux-ci payent au quotidien leurs taxes et espèrent qu’ils pourront à juste titre pratiquer leurs activités dans un cadre adéquat. Pour mémoire, le marché de Dimbokro est un héritage de la glorieuse époque du miracle Ivoirien et surtout un symbole des fêtes tournantes de l’indépendance de la Côte d’Ivoire dans les chefs lieu de département.
Suy Kahofi









