Dimbokro-Ebimolossou> le N’zi source d’eau qui rend malade

L'eau impropre du N'zi est cosommée par plusieurs familles

L'eau impropre du N'zi est cosommée par plusieurs familles

Il est 5 heures du matin à Ebimolossou, Amenan Kplé et ses sœurs doivent se lever pour la corvée d’eau. Bien qu’elles ne soient qu’à 500 mètres du seul point d’eau du village, elles doivent remplir le plus rapidement possible leurs barriques si elles ne veulent pas que l’eau soit trouble.

Le seul point d’eau c’est le N’zi, un affluent du Bandaman, l’un des quatre principaux fleuves qui irriguent la Côte d’Ivoire. Beaucoup de familles et de villages dans le département de Dimbokro dépendent encore de l’eau du N’zi pour leurs besoins. Ce n’est pas de gaité de cœur que les habitants consomment directement cette eau : c’est faute d’avoir des puits, des pompes modernes ou d’être connecté au réseau de la SODECI (Société de Distribution d’Eau de Côte d’Ivoire) que les populations se contentent de cette eau impropre.

L’eau du N’zi, quel danger ?

L’eau du N’zi sert à tout pour bon nombre de familles. Dans le même périmètre il n’est pas difficile de retrouver des femmes faisant la lessive, certaines la vaisselle, des baigneurs et des femmes venues pour des corvées d’eau. « L’eau polluée par les activités ménagères, une fois consommée, expose à plusieurs maladies telles que la bilharziose, les diarrhées, le choléra ou la typhoïde», souligne Monsieur Coulibaly, infirmier sanitaire à l’antenne de l’INHP de Dimbokro (Institut National de l’Hygiène Publique).

Également, le spectre d’une épidémie de typhoïde inquiète toujours les autorités sanitaires. Malgré l’éradication du vers de guinée dans le département de Dimbokro, certains cas reviennent de façon sporadique à cause de cette eau impropre consommée par les populations.

Les actions pour faire évoluer la situation

Les tentatives de construction de puits traditionnels ou modernes dans plusieurs villages sont pour le moment vaines. Malgré la présence du N’zi, les puits traditionnels tarissent couramment et les coûts élevés pour la réalisation des puits modernes sont hors de portée des “comités de gestion” des villages. Pour permettre aux populations d’éviter les maladies liées à l’eau, le District Sanitaire du Département organise des campagnes de sensibilisation dans les villages et les quartiers.

Les spécialistes de la santé insistent auprès des populations sur l’utilisation des filtres, de l’eau de javel ou l’iode pour purifier les réserves d’eau. Face à la montée des cas de maladies liées à l’eau, les ONG locales et des bonnes volontés s’engagent aux côtés des habitants par des campagnes de sensibilisation, des dons en filtre et eau de javel. Citons parmi ces ONG Arco Iris d’Espagne qui en plus d’une campagne de vaccination à remis des médicaments aux habitants du village.

SUY KAHOFI correspondant régional Dimbokro

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KING Jischvi

Animateur télé et radio, SUY Kahofi rejoint l’équipe d’Avenue225 en décembre 2009. Il a la charge de rendre compte de l’actualité de la région Est de la Côte d’Ivoire. Parlant d’Avenue225 il dit: « c’est une aventure journalistique citoyenne qui est de loin la plus belle à laquelle je participe. J’ai la certitude que ce site sera le point de départ d’une grande révolution dans l’univers des médias Ivoiriens ».