Depuis la fermeture de l’usine UTEXI seule véritable industrie pourvoyeuse d’emplois, la ville de Dimbokro a sombré dans une pauvreté extrême. Les familles ne se retrouvent plus : seules quelques activités de commerce et de PME permettent à la ville de survivre. Les privilégiés sont les fonctionnaires et salariés de passage. Cette situation a fait prospérer des réseaux de prostitution et de banditisme.
Chaque année qui passe fait grimper le taux de prévalence du VIH, celui de l’alcoolisme et de la criminalité. Les habitants de Dimbokro sont chaque jour un peu plus pauvres car aucune entreprise n’est présente sur le terrain pour redonner de l’espoir à cette ville en déclin totale. A propos de criminalité, il est important de retenir que depuis la mi juin 2009 jusqu’à ce jour une cinquantaine de braquages et cambriolages ont été enregistrés avec une dizaine de blessés par balle.
Dimbokro : traditionnel repère des bandits
La ville de Dimbokro depuis l’accession de notre pays à l’indépendance a toujours été une arrière garde des bandes organisés. Les éléments de ces organisations du crime ont de tout temps considéré Dimbokro leur lieu de repos ; une sorte d’arrière cours dont ils se servent pour se réfugier quand ils sont traqués par la PJ. Les criminels en série des villes d’Abidjan, Bouaké, Yamoussoukro, San Pedro et autres se réunissent à Dimbokro pour former de nouvelles bandes plus violentes.
L’implantation de la Maison d’Arrêt et de Correction de Dimbokro (MACDI) fait aussi l’affaire des voleurs mis aux arrêts pour différents forfaits : c’est à l’ombre des hautes murailles de la prison que d’autres gangs se forment. Les libérés de prison, les évadés et les bandits en cavale avant le grand retour à leurs traditionnelles bases doivent bien vivre et à défaut de se nourrir de gros butins se rabattent sur les miettes qu’offrent les pauvres familles de Dimbokro.
La renaissance du crime
Après la triste époque des gangs des chats noirs, bouchards, congos et autres, le grand banditisme renaît de ses cendres. Les voleurs ont décidé d’en découdre avec la paisible population de Dimbokro. Et comme si cela ne suffisait pas, des soupçons de plus en plus lourds pèsent sur certains FDS désignés comme étant des braqueurs. Des Policiers et Gendarmes la journée qui se métamorphose en bandits la nuit ? La question reste posée.
La vue des pistolets automatiques (Beretta 9 mm) et AK 47 neufs ont fini par conforter le doute des populations quant à l’implication de certains de nos ‘’protecteurs’’ dans les nombreux braquages qui troublent le sommeil des Dimbokrofouets. Des personnes cambriolées auraient même reconnu certains de leurs agresseurs qu’ils ont formellement identifiés à nos hommes en treillis.
Quelque soit la nature ou le visage des voleurs la ville ne demande qu’à être nettoyée. On espère des FDS plus d’engagement envers le crime et moins de brutalité envers les populations innocentes au milieu de ce face à face qui les oppose aux bandits. La mort par balle d’un jeune homme par les FDS dans des conditions encore sombres lors d’une rafles il y a quelques temps, vient accroître la peur dans le cœur des habitants.
Suy Kahofi
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