Ce lundi 8 mars les salles de classe des établissements primaires et secondaires de la ville de Dimbokro sont restées vides. La raison de cette désertion est toute simple: les élèves ont décidé de crier leur mécontentement aux autorités ivoiriennes face à cette situation de délestage qui devient de plus en plus insupportable.
La marche a débuté à partir de huit heures dans la totale discipline et sans débordement. Les élèves ont voulu envoyer un signal fort aux autorités pour que ceux ci se décident enfin à agir. Les élèves estiment que le gouvernement ivoirien, s’il ne fait rien, sera à la base de l’échec d’un nombre important d’élèves. « Comment étudier quand il n’y pas d’électricité? » s’interroge Prisca Koffi du Collège moderne de Dimbokro.
« A partir de 17 heures, les salles surpeuplées de nos écoles n’offrent que chaleur et obscurité. Les enseignants sont obligés d’accélérer les cours au risque de les achever dans le noir total ».
Cette situation telle que décrite ne permet donc pas aux enfants et aux formateurs de travailler dans de bonnes conditions. « C’est vrai que souvent les enfants sifflent pour un oui ou un non, mais je pense que cette fois-ci, ils marchent pour une cause noble », souligne ce père de famille venu voir la procession des kaki et des bleu blancs (les uniformes scolaires).
« Voir nos enfants étudier à la lumière des bougies et des lampes torche en plein 2010 comme si nous étions à l’époque coloniale ce n’est vraiment pas digne de ce pays ».
Pour Mr Sylla professeur de son état le manque d’électricité empêche les enseignants de passer à la phase pratique de plusieurs leçons notamment en SVT, en Physique et en chimie. Il précise que la majorité des appareils des laboratoires ne fonctionnent qu’à l’électricité. Dans ce cas même si les réactifs et les autres composants sont réunis, il est impossible de travailler.
Le calvaire des enfants se poursuit à la maison!
Ceux ci peuvent en effet passer deux jours de suite sans pourvoir réviser leurs leçons la nuit tombée. Les interrogations et les devoirs pleuvent car il faut des notes pour pouvoir évaluer les uns et les autres. Dans cette atmosphère, les élèves se réunissent par groupe d’étude pour réviser les samedi et dimanche. Nombreux sont les élèves qui sont sûrs que cette marche n’est pas une goutte d’eau dans la mer. Le caractère symbolique de celle-ci doit pouvoir attirer un peu plus l’opinion nationale sur les problèmes que vivent les élèves en cette période. Après la marche, la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE) a clôturé la journée avec son programme habituel de délestage comme pour donner raison aux élèves.
Suy Kahofi








