Dimbokro – Où est le service de ramassage des ordures ?

Les tas d'ordures deviennent de véritables restaurants pour les cochons

La ville de Dimbokro on ne le dira jamais assez est confrontée à un véritable problème qui est celui de l’insalubrité. Cette ville dispose pourtant de tous les moyens au sein de sa Mairie pour répondre au besoin de plus en plus croissant de l’enlèvement des ordures. Le seul tracteur de la Mairie est sensé tout faire à la fois : travaux de particuliers bénéficiant d’aide de la municipalité, transport de logistique pour les cérémonies de toutes sortes etc.

Notons que depuis plusieurs mois, le seul camion à ordures acquis à coup de million par les conseils précédents est sur cale dans un garage de la ville. Nos sources font état de sa sortie prochaine, une sortie plusieurs fois annoncée mais jamais réalisée. Le service est minimum au niveau du ramassage, l’effectif technique en infériorité numérique et les habitants de la ville se plaignent de plus en plus de l’absence des équipes de ramassage. Celui-ci se limite en grande partie au quartier commerce et Présidentiel. Les autres quartiers se contentent d’un passage du tracteur par hasard pour soulager les ménagères de temps à autres.

Dans cette situation c’est donc le grand retour des rongeurs, des cafards, reptiles de toutes classes et surtout des dépotoirs sauvages où se régalent des meutes joyeuses de cochons. De Sokouradjan à Boribanan, de Commikro à Koffikro (des quartier de Dimbokro) le constat est partout le même ! Les poubelles débordent si bien que leurs contenus finissent leur course dans les caniveaux environnants. Les bordures du fleuve N’zi sont de plus en sales et même le marché situé au centre ville n’échappe pas à cette situation.

Les tas d’immondices indisposent les vendeurs et les consommateurs car un essaim quasi éternel de mouches y logent avec son corollaire d’asticots. Nul n’ignore pourtant que la mouche domestique est vecteur de maladies comme la fièvre typhoïde, le choléra, la dysenterie, le trachome et l’anthrax. La mouche adulte transmet ces maladies en contaminant les aliments avec les micro-organismes pathogènes présents dans les poils de ses pattes ou ceux qu’elle ingère et véhicule, ou régurgite.

Le moment est venu pour la municipalité d’asseoir une véritable politique d’assainissement de la ville qui se traduira par un programme précis de ramassage des ordures par quartier, un enlèvement des dépotoirs sauvages et une mission pour les entreprises de ramassages de curer tous les caniveaux. Les ONG de protection de l’environnement doivent être encouragées dans leurs campagnes, l’Institut National de l’Hygiène Publique (INHP) doit recevoir un mandat municipal pour réprimer en cas de manquement observé et la méthode du « pollueur payeur » appliquée pour dissuader les oreilles dures.

Chaque quartier doit avoir sa brigade de surveillance bénévole pour éviter que les bordures du fleuve, les caniveaux, les ponts et voies publiques ne deviennent la nuit tombée des poubelles et des WC publics. En fin de compte c’est une affaire qui doit impliquer tout le monde.

Suy Kahofi

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