En cote d’ivoire, certaines voies urbaines et rurales sont en dégradation. Ce qui rend la circulation routière difficile et parfois craintive. En cette saison pluvieuse, il est encore plus difficile de se déplacer d’une ville à une autre. C’est le cas du tronçon Divo- Guitry, qui fait 45km de route(en terre battue). Hélas, vue l’état du trajet nous avons mis 3 heures pour nous y rendre.
Il 12 heures, ce lundi à la gare routière de Guitry. Les badjans ( mini cars) sont stationnés. Les clients sont pratiquement absents. Les tickets s’achètent de façon lente. Le hic, c’est que le badjan démarre si et seulement si toutes les 18 places sont occupées. Après trois heures d’attentes, le dix-huitième ticket est (enfin) acheté. Les mécaniciens vérifient une dernière fois l’état du véhicule.
Le chauffeur prend place à bord du véhicule et nous conduit en direction de Guitry. Les femmes s’activent à protéger leurs coiffures au risque de les voir dérangées par le vent. A environ deux kilomètres de route, nous commençons à sentir les secousses. Les ponts de fortune fait en bois ne garantissent pas toujours la sécurité de la circulation. Parfois, ils sont submergés ou ils cèdent sous le coup de la sollicitation ou de la détérioration du matériau. Les nids de poules sont de plus en plus larges. De plus en plus profonds. De plus en plus dangereux.
Les mains du chauffeur ne quittent pas le volant. A la moindre erreur, il renverse les passagers. Un silence absolu règne dans le badjan. La peur s’empare des uns et des autres. Par inattention, le badjan descend dans un creux. Certains passagers se mettent à hurler. Le chauffeur réussit à sortir du creux. « Soyez sans crainte, on arrivera. Nous sommes habitués à cette route », affirme t-il dans un français approximatif. Voyager n’est plus réellement un plaisir malgré le beau paysage qui « encadre » la piste. Notre seule prière : «arriver sains et saufs ».
Après plusieurs déviations et secousses, c’est aux environs de 18 heures que nous sommes arrivés à Guitry. Les courbatures, et la poussières déposées sur nos habits et nos cheveux ne sont rien à côté de toute la peur qu’on a ressentie. Mieux vaut avoir mal partout et être en vie que mort.
Huguette Akpoué








