31/10/2016 / Moahet-Sran

Lundi 24 octobre 2016. Je quitte Abidjan. Direction : Duékoué. La nuit tombée, mes pieds foulent le sol de Georgeskro, ma destination finale.

Georgeskro est une localité située à quelque treize (13) kilomètres de Duékoué. Environ trois mille (3000) âmes y vivent. La population de ce village est composée essentiellement de cacaoculteurs.

Baoulé, Malinké, ressortissants de la Cedeao (sous-région ouest-africaine)… peuplent essentiellement Georgeskro. Deux (2) mosquées, quatre (4) églises, participent de la vie religieuse de la cité. Les habitants vivent en parfait accord à Georgeskro.

Le matin, des voisins visitent d’autres voisins, les saluent. Certains habitants traversent tout le village, partent d’un bout à l’autre, pour sacrifier à cet exercice, à ce rituel. Et ce, pour savoir si le voisin ou le proche se porte bien, avant de gagner la plantation.

Séance de cabossage de cacao en campagne, à Duékoué
Séance de cabossage de cacao en campagne, à Duékoué

Le cabossage du cacao d’un planteur est généralement l’affaire de tous. Il suffit que le concerné en fasse la demande. Ceux qui le peuvent ne se font pas prier. Le jour indiqué, ils prennent d’assaut la plantation où doit avoir lieu cette activité. Jeunes, vieux, femmes, se mettent à la tâche. Une ambiance bonne enfant se vit à l’occasion. Taquineries, anecdotes, partages d’expériences… rythment le travail. En l’espace de quelques heures, la tâche est évacuée.

Le soir, de retour des champs, des groupuscules se forment. Chacun raconte son expérience de la journée. On se félicite. On se console. Mutuellement. Généralement, autour d’un pot.

Mon expérience

Le soir de mon arrivée à Georgeskro, mon oncle et moi effectuons le tour de quelques familles, pour les salutations d’usage. L’instant d’après, la cour ne désemplit pas de monde. Les habitants viennent rendre la pareille au nouveau venu, à « l’étranger ». Ceux qui ne peuvent pas, le feront le lendemain.

Au deuxième jour de ma présence à Duékoué, au dîner, la table à manger de 100 cm sur 70 cm ne peut pas contenir la nourriture. Des plats venus d’un peu partout, du voisinage, pour deux personnes. Et ce sera ainsi durant tout mon séjour. Mon oncle me confiera d’ailleurs : « Quand ma femme n’est pas là, c’est ainsi ! » Il dit recevoir à chaque indisponibilité de sa femme et pendant tout le temps que cela durera une dizaine de plats, du voisinage.

Evrard Aka