29/09/2017 / Moahet-Sran

Sofitel Hôtel Ivoire Abidjan, Côte d’Ivoire. Les 29 et  30 octobre 2017. La Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (Cgeci), patronat ivoirien, tient son 6e forum économique dénommé Cgeci Academy.

« Devenir un champion national », c’est le thème de l’édition 2017 de la rencontre annuelle du secteur privé ivoirien, qui a pour invitée d’honneur la Guinée Conakry. Au panel inaugural de haut niveau du 29 septembre, les intervenants – personnalités politiques et entrepreneurs ivoiriens et guinéens – sont unanimes : l’État doit jouer un rôle plus accru pour la floraison de champions nationaux.

Des subventions à accorder aux entreprises. « Entreprises responsables », les champions nationaux sont de « véritables leviers de développement », assure Jean-Marie Ackah – président de la Cgeci. Ils ont besoin d’être soutenus. Et le panéliste Jean-Marie Ackah plaide pour l’octroi de subventions aux entreprises nationales. En Europe et un peu partout ailleurs, indique le président du patronat ivoirien, de telles actions sont prises en faveur des entreprises locales.

Les avantages d’une telle assistance sont multiples. Les subventions de l’État permettront entre autres aux entreprises locales, qui n’ont pas souvent de grands moyens, de survivre à la concurrence à laquelle elles doivent faire face dès leur naissance. Elles permettront également aux entreprises d’être (plus) compétitives.

Des mesures de protectionnisme. Il est du ressort de l’État de « créer le cadre approprié pour l’émergence des entreprises », signe le panéliste Boubakar Barry, ministre guinéen de l’Industrie, des PME et de la Promotion du secteur privé.

« Si nous voulons des champions nationaux, […] il faut les protéger », martèle le panéliste Ansoumane Kaba, président du Conseil national du patronat de Guinée (CNP).

En matière de protectionnisme, l’Éthiopie apparaît comme un bel exemple de réussite sur le continent africain. Dans ce pays, depuis plus de deux décennies, le gouvernement a fermé des pans entiers de l’économie aux entreprises et investisseurs étrangers pour éviter que ces puissants ne phagocytent les entrepreneurs nationaux. Dans des secteurs comme l’assurance, l’immobilier, la grande distribution…, on ne retrouve que des Éthiopiens. Et le pays enregistre la plus forte croissance de millionnaires en Afrique.

Le panéliste Thierry Tanoh, ministère ivoirien du Pétrole, de l’Énergie et du Développement des énergies renouvelables, dit être « pour le soutien des champions nationaux ». Mais, pour le représentant du ministre Jean-Claude Brou, de l’Industrie et des Mines, la protection ne peut qu’être « temporaire » et « sélective ». Et ce, pour assurer l’efficacité des entreprises et garantir des produits de meilleure qualité aux consommateurs, soutient Thierry Tanoh. Il invite par ailleurs les entrepreneurs à « voir grand » et à être « intègres ».

Evrard Aka