Ils sont titulaires d’une licence professionnelle, d’un BTS, d’un cycle ingénieur ou de n’importe quels autres diplômes obtenus dans les grandes écoles et les universités Ivoiriennes. Leur moyenne d’âge varie entre 25 et 35 ans. Beaucoup d’entre eux croyaient qu’une fois leur diplôme en main la vie leur ouvrirait la portes sur le ciel azur d’un emploi stable mais hélas ! Après trois ou voir cinq ans pour certains, la lutte pour trouver un emploi stable se poursuit.
Les jeunes employés Ivoiriens si fiers de quitter leurs domiciles respectifs chaque matin vivent une difficile réalité celle d’un lendemain incertains. Au fil des mois ils ont compris que les diplômes ne suffisent pas pour s’imposer. Dans la logique Ivoirienne du travail le piston est roi et le nombre d’années d’expérience exigé par les employeurs décourage même les plus téméraires. Voici deux ans que Yah Lydie travaille avec acharnement dans une unité de froid. Titulaire d’un BTS elle est à sa deuxième année de stage ! « A défaut de pouvoir m’embaucher vraiment mon patron m’a dit qu’il pouvait me donner un ‘’stage à durée indéterminée’’ qui peut aboutir à un emploi ». Elle espère donc et attend avec son salaire (ou prime) de 60.000 f le mois. Pourtant instruite sur les nouvelles technologies de son métier, elle réalise une part très importante du travail quotidien de son entreprise. Le son de cloche n’est différent pour M’Ba Jacob. Ce diplômé en journaliste travaille dans le service communication d’une entreprise de télécom. Il monnaie son DESCOM à 75.000 f le mois pour pouvoir nourrir sa petite famille. « Jusqu’à ce jour je ne peux même pas apporter quelque chose à ma famille, c’est mon père qui après avoir payé mes cours m’aide les mois ou je n’arrive pas à payer mes factures. Lorsque nous demandons des augmentations, on nous dit que notre statut n’est pas clair et que nous ferions mieux de la boucler ! Certains jours on n’hésite pas à nous dire que si les murs tremblent nous serons les premières victimes ».
Au-delà du fait qu’ils sont mal payés et pratiquement exploités, la possibilité de postuler pour d’autres emplois est quasi impossible. « Notre expérience en entreprise se résume à des stages de 6 à 12 mois. Pourtant sur toutes les offres vous voyez 3 ou 5 ans d’expériences. Où allons nous avoir cette expérience puisse qu’on refuse de nous embaucher ? » souligne Kouakou Andrée. Les jeunes diplômés Ivoiriens se cherchent et ils balancent d’une entreprise à l’autre en attendant qu’il n’y ait une véritable politique d’emploi jeune en Côte d’Ivoire. On prend son mal en patience et on prie qu’un employeur épris de compassion vous fasse signer votre premier contrat d’embauche.
Suy Kahofi








