C’est bientôt la fête de Ramadan dans la communauté musulmane du monde entier. La population de Daloa, ville situé dans le Centre-Ouest de la Côte d’Ivoire ne reste pas en marge de cette festivité, elle la prépare activement.
Katiènè, mère de deux enfants, dont une fille de 11 ans, a déjà commencé les préparatifs de la fête annoncée pour la deuxième semaine du mois de Septembre 2010. « J’ai payé trois complets de pagne pour mes enfants et moi. Ma fille est grande maintenant, un morceau ne la suffit plus. C’est le moment de les déposer chez le couturier pour que ça soit prêt avant la fête. », relève-t-elle. Pour elle, il faut s’y prendre un peu tôt pour ne pas que le couturier te donne un faux rendez-vous la veille. « Les prix vont augmenter à l’approche de la fête », précise-t-elle. Son couturier, monsieur Ben Lass, préfère sacrifier la nuit pour satisfaire ses clients. « J’ai un programme très chargé ; vous savez c’est notre période de traite, si tu l’as ratée, il faut attendre l’année prochaine. Je préfère travailler toute la nuit pour ne pas perdre ma clientèle. » dit-il. Et de préciser : « certaines femmes attendent le dernier moment pour envoyer leurs habits, si tu refuses, elles vont ailleurs ; mais moi je leur dis la vérité que ça ne finira pas avant la fête ».
Dans l’atelier du voisin, c’est le même décor. Trop de clients, elles attendent leur tour pour échanger avec le maître des lieux. Cette fois-ci, c’est un spécialiste dans la broderie. Son atelier est rempli de femmes maliennes et guinéennes, les adeptes des grands boubous brodés. Vamandjé puisque c’est dans son atelier que nous sommes, reçoit en moyenne dix clients par jour en dehors des périodes de fête.
« Chaque année, c’est la routine, mon atelier est pris d’assaut par ces femmes parce que je fais ce qu’elles me demandent. J’ai deux brodeurs qui s’occupent des femmes et moi je fais pour les hommes. Je découpe et les autres montent. » lâche-t-il avec fierté. Dans cette période, il reçoit en moyenne 30 clients par jour. Il faut satisfaire les clients. « Chacun vient ici avec son tempérament et son éducation, si le travail est mal fait, certains peuvent te dire de rembourser leurs habits, tandis que d’autres te disent de revoir le modèle. » souligne-t-il. Et de continuer : « je ne suis pas fonctionnaire, donc je travaille tous les jours même le dimanche pour avoir de l’argent et faire plaisir à ma clientèle. Actuellement, on ne dort presque pas », fait-il remarquer.
Mamadou SOUMAHORO, Daloa









