Fêtes de fin d’année, entre l’église et le Bar : le difficile choix du fidèle

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En Côte d’Ivoire, les fêtes de Noèl et de la Saint-Sylvestre, qui interviennent au dernier mois du calendrier grégorien ou chrétien, revêtent un caractère commercial et populaire. Les 25 et 31 décembre sont l’occassion pour de millions de personnes de s’adonner à diverses pratiques.

Il y a d’une part, ceux (chrétiens ou pas) qui consacrent la fin de l’année à la prière, à la méditation … aux actes réligieux et qui ne s’en tiennent qu’à cela. C’est le cas de Kady qui bien que musulmane dédie le mois de décembre à Dieu.

 » Le mois de décembre, le 25 et le 31 surtout j’accompagne mes camarades à l’Eglise, je prie avec elles pour les soutenir, mais c’est sutout pour ma foi en un seul et unique Dieu que je le fais  », affirme t-elle.

Il n’est donc pas question de se livrer à autre chose qu’à la prière. C’est d’aileurs le point de vue de cet homme de Dieu pour qui il faut rendre gloire à Dieu pour « la grâce qu’Il nous fait de nous maintenir en vie une année entière. »

 » Pour tout chretien, décembre est l’occasion de réaffirmer sa foi en Christ. Certains ne feront ni la Noël, ni la Saint Sylvestre, parce que malades ou décédés. Il faut penser à toutes ces personnes et se demander pourquoi et comment nous sommes parvenus à cette étape  ».

Enfin, la piété est l’attitude à adopter pendant ce mois de décembre. Pourtant, ce n’est toujours pas le cas pour tout le monde.

Il y a d’autre part des individus pour qui décembre est un moment de fête et rien de plus. Les seuls lieux de cultes sont les maquis et les bars. Leur Dieu, c’est Dionysos ou Bacchus, dieu du vin et de l’ivresse. Très fidèles à ce dieu, ils passent toute la journée à boire et à se livrer à tous les vices.

Vetcho (pseudo de Hervé) et ses amis sont en fête depuis fin novembre. Sans emplois, ils se sont fait plein d’argent pendant la campagne électorale. Ragallardi par cette petite fortune, il se sont concocté un programme de fête sur tous le mois de décembre.

Ainsi chaque jour, se retrouvent-ils à divers endroits de la ville au grand bonheur des gérants de maquis et de bars.

« Si durant toute l’année tu n’a pas prié Dieu, ce n’est pas en décembre que tu vas le faire. Nous, on prie tous les jours. On s’amuse parce que Dieu nous en donne les moyens et nous lui rendons grâce ».

C’est ainsi que VETCHO justifie l’attitude de ses amis et lui.

Enfin, il existe une trisième catégorie d’individus à l’attitude intrigante. En effet, certaines personnes juste après la messe, souvent même bien avant la fin de la messe vident les églises pour se retrouver dans les bars.

Selon eux, aucun principe divin n’interdit de retrouver des amis après l’église ou de faire la fête avec parents, amis et connaissance. L’essentiel étant de ne pas s’adonner à des pratiques malsaines et de garder la foi.

La nuit de la Saint Sylvestre peu après 22 heures,  Mado est assise dans un bar avec des amis.

« Je ne bois, je ne fume pas non plus. On est juste venu s’amuser après l’église. C’est rien de mal », soutient-elle.

L’homme de Dieu est pourtant formel, il faut choisir entre le bar et l’église.

« Chacun est libre de ses choix. Si vous avez choisi l’église, il faut vous en tenir car on ne peut servir qu’un seul Dieu et pour nous, seul le Dieu de l’Eglise mérite nos prières. Cela est valable les jours, mais plus encore pendant les fêtes chretiennes », martèle-t-il

Joseph Yegobini OUATTARA

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