Embouteillage monstre au grand carrefour de la gare de Bassam à Treichville ce mercredi à 10 h 45 mn. Les vrombissements des moteurs, les propos injurieux et les bruits de klaxon fusent de toute part. L’image est la même à Cocody carrefour RTI quelques minutes plus tard et aussi au carrefour du marché de Belleville. Un classique cliché que beaucoup d’Abidjanais ont l’habitude de voir mais le point commun entre ces bouchons est leur origine. En effet de plus en plus d’embouteillages à Abidjan sont le fruit des nombreuses pannes des feux tricolores. Totalement endommagés en certains endroits ou fonctionnant à peine, les feux tricolores de la capitale ne jouent plus vraiment leur rôle. Si à certaines heures le trafic est fluide, il n’en est rien aux heures de pointes où la circulation devient impossible pendant de longues minutes.
L’OSER et ses partenaires que sont les syndicats de transporteur et l’office des chargeurs ont achevé il y a quelques jours une rencontre portant sur la lutte contre la délinquance routière. Des résolutions ont été adoptées pour que les ‘’voyous’’ du volants soient extirpés de nos trafics urbains. Si l’OSER veut rendre nos routes plus sûres et moins meurtrières, elle a bien manqué d’inviter deux partenaire clés qui ont la charge de la gestion des routes à savoir le FER (Fond d’Entretien Routier) et l’AGEROUTE (Agence de la Gestion des Routes). La deuxième entreprise citée est celle qui se doit de ‘’prendre soin’’ des feux tricolores. Or à voir l’état de ceux-ci, on remarque que la dynamique équipe du DG Bouaké Fofana a fait un tour dans les rues d’Abidjan il y a longtemps. « On reproche aux automobilistes de ne pas respecter les feux mais si le feu n’existe plus on va faire comment ? » se demande N’Goan Daniel coincé dans un embouteillage. « Vous me demandez pourquoi je ne me suis pas arrêté ? Vous ne voyez pas que le feu ne fonctionne pas ? » me lance un chauffeur de wôrô-wôrô énervé. « Le jour ils vont réparer on va s’arrêter » conclu t’il. En attendant que les feux soient réparés c’est la jungle sur le bitume !
Tout le monde veut passer au même moment et au final c’est l’embouteillage. Seul alternative les policiers qui désertent leur traditionnels ‘’corridors’’ juteux pour les bruyants et stériles carrefours. Si les automobilistes ne savent plus à quel saint se vouer, les piétons se remettent à Dieu car sur le trottoir ils sont les plus vulnérables. « Avec tous ces feux qui ne marchent plus on n’est plus en sécurité ! Tu peux te faire tuer simplement parce qu’un véhicule veut contourner un autre. C’est la vitesse dans tous les sens et comme vous l’aurez remarqué les accidents sont de plus en plus nombreux » souligne Attokpa Maxime.
En espérant que dans les jours avenirs les feux tricolores ne redonnent de la lumière au trafic urbain, il est impératif pour chaque automobiliste de se fier à son bon sens et d’opter pour un peu plus de prudence au volant. Ce n’est pas un signe de faiblesse que de céder le passage ou de respecter la priorité de l’autre bien au contraire, en agissant ainsi chacun facilitera la circulation. Aux piétons ne vous aventurez pas à vous faufiler entre les véhicules stationnés au risque de vous faire piétiner en cas de démarrage brusque d’un engin.
Suy Kahofi









