La belle époque où les duels Asec-Africa attiraient du monde au stade Félix Houphouët Boigny semble être bel et bien révolue. Les Ivoiriens se déplacent de moins en moins vers les stades du pays et ne montrent plus de véritable intérêt pour le football en Côte d’Ivoire qu’au moment où les stars de l’équipe nationale viennent disputer une rencontre. Les stades sont vides et les recettes aux guichets ne permettent en rien une bonne répartition entre la Fédération et les clubs. Qu’est ce qui explique cette désertion des Ivoiriens ? Immersion dans l’univers des fanatiques du foot déçus par ce qu’ils appellent la « décadence du football ivoirien ».
« Mon ami on va partir au stade pour regarder jouer qui ? » se demande Konan Thierry.
« Avant un supporteur de l’Asec connaissait le nom de tous les joueurs, on savait quand notre équipe jouait parce qu’il y avait du bon football mais aujourd’hui il n’y a plus de stars : depuis que les Chico, Aruna et Kolo sont partis il n’y a plus rien à voir au stade ».
« Le foot Ivoirien ne séduit plus car les dirigeants de club pensent plus à ‘’vendre’’ les joueurs sortis des académies aux clubs européens plutôt que de les laisser animer la scène nationale du foot avant leur départ » soutient Bailly, Prince fervent supporteur de l’africa sport. L’avis de ces deux fans du ballon rond est partagé par plusieurs autres supporteurs. Le niveau du football national a sérieusement baissé et les célébrités se font rares sur l’aire de jeu. Ces souliers d’or qui faisaient trembler des stades entiers ont disparu et avec eux, l’esprit des duels nationaux. « Avant Asec-Africa, tu sais que c’est ballon ! Ben Bady, Gadji, Lieu Ruphin, Sam Abouo et j’en passe ; il y avait des noms qui symbolisaient la passion du foot mais aujourd’hui, dites- moi, qui connaissez-vous comme bon joueur en Côte d’Ivoire ? » lance énervé Baba Kan Pierre.
Le peuple ne répond à l’appel du foot que lorsque le bon jeu est au rendez-vous. Selon les supporteurs les causes de cette décadence du foot ont pour noms, mauvaise politique managérial des dirigeants et incapacité des entraineurs à s’adapter aux défis du football moderne. « Nous payons nos cotisations en tant que supporteurs mais c’est à peine si les instances de nos clubs écoutent les suggestions de la base » affirme Gueu Blaise avant de conclure : « les mauvais choix de nos présidents et des « bouffeurs » qui les suivent ont plongé le football national dans un noir total ». Chaque amoureux du foot aimerait bien revoir le stade Félix Houphouet Boigny plein à craquer mais les conditions qui pousseraient les Ivoiriens à revenir au stade ne semblent pas du tout réunies. « On aime nos clubs mais s’il n’y a pas du bon jeu on ne peut pas ruiner nos dimanches au stade » soutient Maxime Zogbo.
Les appels à l’union sacrée autour des clubs n’ont plus d’effets sur les supporteurs car ceux-ci veulent autre chose. Seule une redynamisation du foot national et une meilleure qualité de jeu pourra attirer de nouveau les fanatiques du ballon rond au stade.
Suy Kahofi








